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Affaire Cheikh Niasse : Sénégal, l’Etat ass@ssin (Par Adama Gaye)

Affaire Cheikh Niasse : Sénégal, l’Etat ass@ssin (Par Adama Gaye)

La réaction salée du journaliste

pour Fatima Diallo

Comme toujours, Adama Gaye a encore pris sa plume pour lancer des piques au régime du Président Macky Sall. Cette fois-ci, il se prononce sur l’affaire Cheikh Niasse décédé à la prison du Cap Manuel.

In extenso, la publication faite par le journaliste Adama Gaye sur son compte Facebook.

Texte dédié à Cheikh Niasse, enterré hier, au cimetière de Cambérène, alors qui était venu rencontrer sa foi au Sénégal. Les assassins d’Etat ont abrégé sa vie terrestre

C’est le dernier variant non pas d’un virus qui terrorise la planète, se répandant comme une traînée de poudre, mais la formule la plus meurtrière de l’organisation sociale la plus achevée : l’Etat Sénégalais a mis en place des mécanismes morbides pour tuer froidement.

Ses contours en font une entité dont les propres membres qu’elle est censée servir, à savoir ses citoyens, ont de quoi avoir une peur bleue. Ce n’est ni l’Etat néolibéral minimaliste, ni celui socialiste, omniscient, ni le stratège ou développeur, comme les Asiatiques Singapourien, Malaisien, Sud-Coréen, prétendument démocratique, de délibération, à l’Occidentale, ou encore quasi monarchique et impériale à la Russe ou Chinoise.

Il y eut, sous les régimes militaires Sud-américains, du Paraguay de Stroessner, du Chili de Pinochet et des Argentins du Général Galtieri, l’imposition d’une terreur au moyen d’une culture de la traque de leurs critiques. Qui n’a pas en mémoire les mères de la Place de Mai à Buenos Aires, des folles disait l’Armée, dont la vie se réduisit en une ronde sans fin dans le seul espoir de retrouver les leurs enlevés par des escadrons de la mort.

L’Etat-tueur, que l’on croyait obsolète, est de retour, réincarné, sur une terre où la seule vue du sang suffisait naguère à semer la panique. C’est un Etat national Sénégalais qui, désormais, revendique un tel statut. Bienvenue dans la République où tuer est l’exercice le plus prisé des gouvernants.

Tuer sans que nul ne s’en offusque, c’est, peuvent-ils penser, le pied. Un jeune père de famille, revenu dans son pays natal pour sacrifier au pèlerinage annuel dans la cité de Touba est leur dernière victime. Cheikh Niass, c’est son nom, n’a reçu aucune protestation des guides religieux, en particulier ceux de sa confrérie, ni de la classe politique ou de l’intelligentsia, encore moins des diplomates étrangers, les carpes en ville. Personne n’a trouvé à redire sur la légèreté avec laquelle il a été arrêté, conduit dans un commissariat de police, froidement exécuté, avant que des médecins, plus veules encore, ne blanchissent sa mort en disant qu’elle a été causée par une hypoglycémie née d’un diabète et d’une Covid. Sa famille nie. Il était en bonne santé, dit sa jeune, éplorée, épouse.

Avant Niass, un acteur politique, soudain animé d’une ambition de conquête du leadership national qu’il ne parvenait plus à masquer, s’est, lui, retrouvé l’arme à gauche sur un lit d’hôpital. Qui l’a tué, se demandent, voix étouffée, ses deux épouses. Leur calvaire atteint son paroxysme quand le très probable commanditaire, Macky Sall, vint présenter ses condoléances à la famille d’Alioune Badara Cissé (ABC).

Les Sénégalais en sont restés tourneboulés, qui chuchotent en évoquant le nom du brillant juriste et, brusquement, les textes élogieux pour saluer sa mémoire ont cessé de couler de la plume des croque-morts en quête d’opportunités nécrologiques pour se refaire une virginité, du buzz. Toucher à ABC devenait dangereux à mesure que montait la suspicion sur sa dépouille.

Ni Niass ni lui ne sont cependant les seuls sur la liste des victimes d’un Etat tueur dont les ramifications vont des féticheurs aux allées des hôpitaux, des couloirs carcéraux aux commissariats de police. Et d’abord dans la rue. Qui ne revoit encore, en effet, l’image de ce jeune tailleur, tiré de son atelier aux Parcelles Assainies, pour être tué d’une balle dans la tête, le tout filmé. Etait-ce un meurtre contractualisé, confié aux nervis qui sont devenus les auxiliaires de l’industrie officielle de la mort au point qu’on ne sait plus qui d’eux ou des gendarmes, militaires, policiers remplissent les fonctions régaliennes de détenteurs de la violence légitime d’Etat…

Les forces de l’ordre ont pour mission de protéger les citoyens et l’intégrité du territoire national. Dans l’Etat tueur du Sénégal, elles n’inspirent plus qu’une peur illimitée au peuple. Le lien de confiance avec elles est rompu.

Demandez aux innombrables familles qui ont appris que leurs enfants ont trouvé la mort, récemment, en prison, dans un commissariat s’ils n’ont été torturé dans les casernes de gendarmerie.

Les hôpitaux sont les derniers lieux où, armés de seringues ou de perfusions assassines, des anges de la mort sont à l’œuvre.
Lorsqu’une de mes sœurs, opportuniste en diable, avait planifié, croyant bien faire de me trouver une chambre à l’hôpital Principal de Dakar pour que j’y fasse mes analyses médicales après ma détention illégale d’l y a deux ans, mon réflexe, salvateur, fut de lui opposer un niet catégorique. Dieu merci : j’aurais été une statistique macabre, à cet instant.

Si l’Etat sénégalais est devenu ce tueur, monstre froid, c’est qu’à son sommet se trouve un boucher qui ne semble se réjouir qu’en voyant s’amonceler des tas de victimes. Comme en mars dernier lorsque des jeunes, plus nombreux que les 14 officiellement reconnus, ont été massacrés par sa soldatesque.

Il est plus que temps d’arrêter la spirale génératrice de sang dont Macky Sall, comme Alpha Condé le fut en Guinée, voici un an, est le parrain.

La complaisance qui l’autorise à même oser menacer d’une mort, d’une torture, ou, irrespect des normes, d’une détention est devenue inacceptable. Qui ne se souvient de ses propos comminatoires d’il y a quelques semaines où il semblait indexer votre serviteur, doigt pointé au loin, accusant ceux (celui) qui, depuis leurs ordinateurs font du Kacci-kaccis –«On verra, la vie est devant nous», hurla-t-il, alors que la foule de collabos, larbins, derrière lui, acquiesçait, sans dignité.

Imagine-t-on un Biden, un Macron, une Merkel voire un Poutine ou un Xi Jinping, moins maladroits, couvrir de leurs voix des forfaits d’Etat en gestation contre l’un quelconque de leurs concitoyens ?

C’est que, dépassés par l’ampleur de la faillite multiforme qu’il a causée au Sénégal, perdu dans ses magouilles, sentant la fin, brutale et honteuse, à la Condé, se rapprocher de son cou, il ne lui reste qu’à déployer sans retenue le reste des symboles, les artifices, de cet axe du mal, intérieur, d’un Etat tueur, en pensant qu’ils produiraient une démission de quiconque a encore le cran de s’opposer à lui.

Grosse méprise. Tous les régimes de terreur ont fini en eau de boudin, en farces de mauvais goût. Le sien n’y échappera pas. L’hallali résonne déjà.

Greffiers, magistrats, policiers, gendarmes, militaires, chefs religieux, citoyens Sénégalais, disons tous, d’une même voix, halte à ce tyranneau d’opérettes. L’histoire sera implacable pour qui, surtout tous ces bénis oui-oui autour de Chef suprême du régime assassinateur, ne saura pas, dès maintenant, qu’une partie décisive de la vie de notre nation se joue.

Dis, Emmanuel Macron, le réformateur, est-ce que ton ambassadeur au Sénégal, te dit que la fréquentation du tueur Macky Sall, détourneur des deniers et ressources publiques, parfois avec l’aide des entreprises françaises, est de ces actes qui te rendent illégitime pour parler d’un reset de la relation entre ton pays et notre continent…

Adama Gaye*, opposant en exil au régime de Macky Sall, a été illégalement détenu au Sénégal et le tuer fait partie des plans du pouvoir assassin qui y sévit.

Incapable de nier mes dénonciations sur ses crimes, y compris économiques, qu’il sait fondées, Macky Sall fait dans les menaces en comptant sur sa machine à fabriquer des charges contre ses adversaires.

Il ne m’émeut pas. Sans le dévoiement de la puissance publique, il n’oserait me regarder dans les yeux.
Je prends à témoins la communauté internationale et le peuple Sénégalais.

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