Motus et bouche cousue. Guédiawaye n’a rien à ajouter dans la polémique qui secoue son maire Aliou Sall. Les accusations portées contre lui dans l’affaire Pétrotim, par la BBC, donnent la chair de poule à tout le Sénégal. Et le fief de l’incriminé refuse d’y mettre sa dose. Reportage

« Je n’ai rien à dire sur cette affaire, je ne suis pas d’ici, » le tailleur refuse de lever son regard. Nous sommes au rond point marché jeudi, non loin de la belle villa d’Aliou Sall, maire de Guédiawaye. Ici, les gens vaquent tranquillement à leurs occupations. iGFM tente un micro-trottoir, histoire de recueillir les réactions de la population de la Commune. Mais à premier abord, chacun essaie de fuir la question, prétextant ne pas être du quartier.

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Assis devant leur maison, à l’ombre d’un grand manguier à la cité Hamo 5 de la Commune, un jeune homme et une vieille dame ont pour toute réponse un sourire. Insister ne servira à rien. Ils refusent de répondre avec un poli : « c’est compliqué de se prononcer, tout le monde observe tout le monde ici, » du jeune homme.

Concentré sur la moto qu’il répare, un mécanicien tient son garage près du marché ndiarème limamoulaye. Entendant la question, il fait comme les autres. Il baisse le regard. Avant de nous demander d’interroger son client: « Lui pourra peut-être vous parler. »

Les accusations sont sérieuses. Et s’exprimer là dessus fait visiblement trembler les administrés du maire, frère du président. Aucun d’eux n’aimerait qu’un voisin ou un ami le voit en train de parler à la presse. Alors, en voyant le micro ou encore la caméra, la réaction est spontanée: les gens reculent, tournent le dos.