LIMAMETTI.COM – Après avoir traversé la vague d’accusations pour mal gouvernance à la Banque Africaine de Développement (BAD), le Nigérian Akinwumi Adesina a rejoint le bout du tunnel, avec, à la clé, un deuxième mandat à la tête de l’institution financière panafricaine.

Président sortant de la BAD, Akinwumi Adesina, 60 ans, a été reconduit ce jeudi, 27 août 2020, à l’issue des assemblées annuelles de l’institution bancaire. Seul candidat à sa propre succession, l’homme politique nigérian rempile ainsi pour un deuxième mandat de cinq ans.

Il aura ainsi pour principale mission, sans doute de redorer le blason de la BAD, secouée par une crise depuis le début de l’année, avec une plainte de plusieurs employés qui dénonçaient la gestion de l’ancien ministre de l’Agriculture du Nigeria, Akinwumi Adesina. Ce dernier avait été, par la suite, blanchi par le comité d’éthique, organe interne chargé d’enquêter sur les allégations. Cela n’avait toutefois pas freiné les ardeurs de ses accusateurs, au point que les Etats-Unis, deuxième actionnaire majoritaire de la BAD après le Nigeria, demandaient, via le Secrétaire américain au Trésor, une enquête extérieure plus approfondie.

Dans son discours d’ouverture des assemblées annuelles, il a d’ailleurs évoqué le sujet. « Les derniers mois ont sans aucun doute été difficiles pour la banque », a-t-il admis, avant que les gouverneurs de la BAD ne l’appellent à une « mise à jour du cadre d’éthique et de gouvernance » de la banque panafricaine, pour sa réputation personnelle mais également pour la crédibilité de la BAD.

Malgré ces remous, Akinwumi Adesina a été réélu à l’unanimité totale des voix, obtenant même celle des Etats-Unis, même s’il n’a pas obtenu l’acclamation comme ses deux prédécesseurs, le Rwandais Donald Kaberuka et le Marocain Omar Kabbaj. Ce qui ne l’empêche pas de savourer cette unanimité qualifiée d’historique : « Cette élection est historique, c’est la première fois qu’un président est élu avec 100 % des voix », a-t-il déclaré lors de la cérémonie de clôture.