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Appel vidéo : Saliou Diouf enregistre les scènes de Marème et la transforme en objet

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Appel vidéo : Saliou Diouf enregistre les scènes de Marème et la transforme en objet

LIMAMETTI.COM – L’émigré Saliou Diouf risque gros. Il risque une peine de 2 ans dont 1 ferme pour des faits de collecte illicite de données à caractère personnel et détention d’image contraire aux bonnes mœurs.

Hier, il a fait face au juge de la chambre criminelle du tribunal de Dakar. Le tribunal rendra son verdict le 24 juin prochain.

La jeune fille Marème Tine qui vient à peine de franchir la période d’adolescence, a vu sa vie basculer d’un coup. Elle décide de saisir la justice pour éviter le pire. Hier, elle a soldé ses comptes devant la barre de la 3ème chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Dakar avec son copain Saliou Diouf qui a voulu la transformer en objet.

En effet, il ressort des débats d’audience que les deux parties entretenaient des relations particulières. Ainsi, lors d’un appel en vidéo qu’ils émettaient, la partie civile, pour mieux séduire son interlocuteur, s’est débarrassée de sa serviette qui lui couvrait le corps pour lui montrer ses parties intimes. Mais son acte lui a mené la vie dure car son ami avait enregistré et sauvegardé la vidéo sur son téléphone portable pour ensuite la faire des chantages afin d’obtenir des faveurs.

Ayant assouvi une première fois les désirs du prévenu, celui-ci lui a encore balancé la vidéo, quelques mois après pour le contraindre d’avoir une partie de jambes en l’air. Il la menaçait de diffuser ses images salaces sur les réseaux sociaux. Ainsi, pour des faits de collecte illicite de données à caractère personnel et détention d’image contraire aux bonnes mœurs, Saliou Diouf, serveur de profession à l’étranger, comparaissait, hier, devant le juge Maguette Diop de la chambre correctionnelle de Dakar. Même s’il avait reconnu devant le juge d’instruction l’avoir menacé de coucher avec elle, le prévenu a varié dans ses déclarations au prétoire.

« Je ne l’ai pas menacé. Je la taquinais juste en lui faisant croire que j’allais publier la vidéo mais je n’avais nullement l’intention de le faire. Je précise aussi qu’elle n’était pas sans vêtements. Elle portait un t-shirt et une serviette. Elle m’a juste montré son balcon », s’est défendu le prévenu.

Ses déclarations ont été balayées d’un revers de main par la partie civile qui soutient que Saliou ne cessait de la harceler.

« Sur cette vidéo, j’étais sans vêtements parce que je lui montrais mes parties intimes », fulmine-t-elle avant de livrer sa version des faits.  

« Moi et Saliou, nous nous sommes connus fortuitement sur les réseaux sociaux. Un jour il m’a contacté sur WhatsApp et j’ignorais où il avait mon numéro. Au fur et à mesure que nous discutions, nous avons fini par sympathiser. On avait une relation très soudée. Si je l’ai trainé devant cette juridiction c’est parce que je n’en pouvais plus de ses menaces. Il m’avait promis de supprimer la vidéo dès que j’aurais couché avec lui. Ainsi, j’ai cédé à sa requête en allant chez lui. Après l’acte, il m’a fait croire que son téléphone était chez le réparateur et qu’il allait effacer le film dès qu’il le récupère. À ma grande surprise, il m’a renvoyé la vidéo des mois après pour me demander de revenir chez lui », narre la jeune fille qui s’est finalement désistée. « Je lui pardonne de tout cœur », termine-t-elle.

Pour la substitute du procureur, le prévenu doit être sévèrement puni nonobstant le désistement de la partie civile pour dissuader les autres.

« Il y a lieu d’appliquer une peine exemplaire au prévenu parce que ce sont des faits d’une particulière gravité qui commence à devenir monnaie courante. Si la plaignante n’avait pas saisi la justice, ses vidéos allaient se retrouver sur la place publique. Ce qui va lui créer un drame social », s’indigne la représentante du ministère public.

À la suite de la parquetière qui a requis une peine de 2 ans dont 1 an ferme, le prévenu a exprimé ses regrets.

« C’était juste une erreur de jeunesse. Je sollicite votre clémence », implore-t-il tristement avant que le juge ne mette l’affaire en délibéré au 24 juin.

Actusen