LIMAMETTI.COM- Résistance citoyenne ou révolte populaire ? Toujours est-il qu’hier, jusque tard dans la soirée, Dakar a connu sa première nuit des barricades.

Comme à Paris en 1968, les premières pavés ont volé sur le boulevard du Centenaire à Dakar vers lequel des milliers de manifestants avaient convergé, à côté des locaux de la tristement célèbre désormais Section de Recherches de Colobane. Ce, pour réclamer la libération de l’opposant Ousmane Sonko arrêté et placé en garde à vue pour troubles à l’ordre public et participation à une manifestation non autorisée.

De Grand-Dakar à Niary-Tally en passant par le Point E, l’Université Cheikh Anta Diop, la Médina, Grand-Yoff, les Parcelles Assainies, Thiaroye etc., les manifestants sont descendus dans les rues pour déverser leur colère. Des véhicules ont été incendiés, des vitrines cassées, des magasins vandalisés et des stations de service saccagées. Plusieurs personnes ont été arrêtées et blessées. Sans oublier d’honnêtes citoyens dépouillés de leurs biens et objets de valeur.

Les quartiers de banlieue dakaroise n’ont pas été en reste ! De Pikine à Diamaguène en passant par Guédiawaye, Thiaroye, Mbao, Rufisque et autres, partout on a assisté à une incroyable flambée de violences urbaines. Jusqu’après minuit, des barricades fumaient encore tandis que des grenades tonnaient. Des manifestations nocturnes qui ont pris une dimension insurrectionnelle au point de pousser le ministre de l’Intérieur, Antoine Félix Diome, à réquisitionner les unités d’élite de l’Armée aux cotés des policiers et gendarmes débordés et dépassés. Un renfort qui n’a pas servi grandchose…