LIMAMETTI.COM- Serigne Thiam, enseignant chercheur à l’Ucad se prononce sur la nouvelle politique de l’emploi des jeunes

Cette analyse est de l’Enseignant-Chercheur à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad). Selon Sérigne Thiam «ce que Macky Sall n’a pas pu faire en 9 ans, il ne peut pas le réaliser en 3 ans».

«Cette fête, jeunes du Sénégal, vous est spécialement dédiée», a déclaré le chef de l’Etat, Macky Sall, le 3 avril dernier, lors de son adresse à la Nation à la veille de l’Indépendance du Sénégal. Cette phrase du président renseigne de la place particulière qu’il a accordée à la jeunesse du Sénégal dans son discours. Une frange jeune à qui il a promis un «nouvel élan» dans la lutte contre le chômage.

Pour y arriver, le président Macky Sall a promis «une réorientation des allocations budgétaires à hauteur de 450 milliards de FCFA au moins, sur trois ans, dont 150 milliards pour cette année» pour financer un «Programme d’urgence pour l’emploi et l’insertion socio- économique des jeunes». Mieux, il a pris l’engagement de recruter, dès ce mois de mai, 65.000 jeunes dans différentes activités.

Cette adresse à la Nation, avec comme axe principal la jeunesse et leur insertion, continue de susciter des réactions diverses d’observateurs avertis. Contacté par la rédaction de Sud quotidien, l’Enseignant-chercheur à la Faculté des sciences juridiques et politiques à l’Ucad, Sérigne Thiam pense qu’il est un peu trop tard pour le chef de l’Etat, de vouloir placer l’emploi des jeunes aux cœurs de ses politiques. «Si aujourd’hui, il (Macky Sall) parle de la jeunesse, si c’est aujourd’hui qu’il pense à la jeunesse, comme il l’a fait au lendemain des émeutes, lorsqu’il a dit aux jeunes «je vous ai compris», je pense qu’il est trop tard. Je pense que ce qu’il n’a pas pu faire en 9 ans, il ne peut pas le réaliser en 3 ans», a déclaré M. Thiam pour qui, ce discours n’apporte aucune différence des précédentes adresses à la Nation marquées par de nombreuses promesses.

Concernant d’ailleurs ces nombreux engagements pris par le président Sall, l’Enseignant-chercheur soupçonne une stratégie «politicienne» bien connue des régimes africains. Il est d’avis que «quand il leur reste peu de temps pour les élections, tout ce qu’ils (régimes africains) font ne sont que des promesses et des campagnes. Ils (les alliés du régime) l’ont montré à travers les meetings qu’ils ont eu à faire récemment», non sans renchérir qu’en réalité «c’est un discours de politicien simplement» car convaincu qu’il est de «l’échec de la politique de jeunesse» du chef de l’Etat. Tout compte fait, M. Thiam reste persuader que le président de la République «n’a pas les moyens de sa politique, c’est-à-dire les moyens d’une politique d’insertion, d’emplois, de satisfaction par rapport à la demande professionnel». Ce que, du reste, lui sera «fatal aux prochaines échéances électorales», estime Sérigne Thiam.