Cheikh Ndiaye : Parlons du Juge (Par Adama Gaye)

Cheikh Ndiaye : Parlons du Juge

Par Adama Gaye*

«Quand le doigt montre la lune, le fou regarde le…doigt» -Proverbe Chinois.

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Le fou du vilage a encore sévi. Mâchoires serrées, aussi carrées que connes, regard brûlant du feu d’une ambition injustifiée, yeux tourmentés par des trahisons à répétitions et un alignement politique à géométrie variable, oreilles de lapin guettant son terrier, visage d’une noirceur que l’on imagine cuite d’un enfer incandescent, c’est donc d’une plume risiblement outragée que le sieur Cheikh Ndiaye qui se présente au civil en conseiller municipal de l’APR, à Grand-Yoff, s’est risqué à tenter de me remonter les bretelles parce que, dit-il, je ne serai rien moins qu’un…imbécile.

Oups. Le gros mot, symptomatique de sa pauvreté argumentaire est tout ce qu’il a pu sortir de ses méninges gelées dans l’espoir de me mettre à mal avec le peuple Sénégalais suite à mon texte, pourtant pesé, soupesé, factuel et défendable, parce qu’incontestable, sur la mémoire du défunt juge Samba Sall.

«Dieu, gardez-moi de mes amis, de certains amis, mes ennemis, je m’en occupe», s’est étouffé, depuis sa tombe, le magistrat, surpris et dévasté par cette défense mal-placée, venue d’un avocat qui s’est constitué sans son aval ni sa confiance, qui s’est, d’emblée, révélée catastrophique, s’inscrivant à contre-courant de ce qu’il ne voulait pas entendre à ce moment précis où les anges sont venus le quérir pour l’amener devant le prétoire ultime.

“Bon sang, de quoi-je me mêle, a tenté, abattu, d’éructer Samba Sall ?”.

“Qui a autorisé cet agité du bocage à se poser en plaideur à ma cause, en travestissant la substance, en mon nom, quand j’ai plus besoin d’un intercesseur pour que mes torts terrestres me soient pardonnés”, s’est-il intérieurement demandé ?

“Pourquoi donc cet individu, connu hier pour être le défenseur, photos à l’appui de Mimi Touré, avant de la jeter au diable dès qu’elle a perdu son maroquin du CESE, jusqu’à ne plus citer son nom dans ses écrits, s’est-il cru en droit de se servir de ma dépouille pour faire luire ses ambitions auprès de son nouveau maître ?”, s’értrangle le juge qui n’est plus maître de quoi que ce soit…

En prenant la plume ce matin, le cœur serré, nez pincé, colère rouge, pour m’exercer, à contrecœur, à un devoir de réponse face à un tel type, je me demande : qu’est-ce qui peut circonvenir et retenir ces politiciens du ventre et du bas-ventre, alimentaires jusqu’à enrôler les morts, pour satisfaire leurs instincts grégaires ?

Qui, mieux que moi, savait en soldant mes comptes avec le juge Samba Sall que l’exercice était périlleux dans un pays baigné par l’hypocrisie et visité par une lecture mercantile, folklorique, blasphématoire, des prescriptions coraniques ?

J’ai été sans voix après la lecture du texte décousu, fourmillant de jugements de valeur sans valeurs, que le scribouillard a, si j’ose dire, pondu. Sauter du coq à l’âne pour, dans un souffle, affirmer que l’Islam interdit de dire du mal d’un défunt, sans aucun argument solide pour l’étayer, et ériger en Saint un Guy-Marius Sagna, au motif qu’il a pardonné à Samba Sall, comme modèle de ce qu’il faut faire, c’est véritablement l’expression achevée de la légèrete de Cheikh Ndiaye qui s’est donnée à voir dans son torchon qu’il a publié sur le Site Xibaaru.

Le fou est le dernier à savoir ce que le monde pense de lui. C’est pourquoi d’ailleurs son gribouillis est orné de sa photo qui lui décerne, au pif, un ticket permanent à l’hôpital psychiatrique de Fann où une haie d’honneur est déjà en place, formée par ses semblables qui y sont internés, pour l’accueillir.

Je répète : tout ce que j’ai écrit sur Samba Sall est la stricte vérité et s’il devait revenir sur terre, j’en prends le pari, il aurait vécu une autre façon son mandat de gestion des justiciables qui sont passés, comme ce fut mon cas, devant son imperium. En cela, oui, parce qu’il doit être habité par le regret d’avoir pêché, je peux être enclin à lui souhaiter de dormir en paix.

Mais quand ce processus de deuil, le healing-process, que je ne suis pas seul à faire, mais est en cours chez des centaines, voire des milliers de personnes, soumises à ses fourches caudines, ses victimes, ce n’est pas le moment pour quelque entrepreneur politicien, en perte, de se faire le griot d’un controversé juge.

C’est ce que, surgi de sa boite, comme un diable, s’est maladroitement évertué à faire Cheikh Ndiaye, en donnant, de surcroit, des leçons malvenues de morale.

Face au but, dans une situation où le pays veut un débat sérieux, Cheikh Ndiaye s’est donc encore distingué par ce qu’il sait faire de mieux : louper son tir et rater une occasion de la boucler.

Il gagnerait à lire mon livre : Otage d’un Etat (Editions l’Harmattan) pour être moins idiot dans sa défense auto-proclamée du Juge Samba Sall qui, hélas, in fine, n’est, pour lui, qu’une serpillère dont il tente de se servir pour ses intérêts personnels, se faire du buzz et le marchander dans un régime aux abois.

Il aurait dû se taire. D’autres que lui savent mieux ce qu’il y a à faire. Au lieu de laisser la famille du défunt juge solliciter des prières et le pardon à ceux, nombreux, parmi lesquels je suis, qu’il a gravement offensés de son vivant, seul moyen de lui épargner la géhenne,

Cheikh Ndiaye, ne réalisant pas combien les gens qui, dit-il, le suppliaient de ne pas réagir, voulaient lui éviter ce suicide épistolaire, a sauté, pieds et poings liés, dans un débat qui dépasse la capacité de ses neurones frelatés.

Le plus pénible, c’est qu’il croit que les gens sont dupes. Les enjeux du pays sont ailleurs, pas sur le corps inerte, entre les mains de Dieu, du juge. C’est dans la vente criminelle des hydrocarbures du Sénégal que j’ai dénoncée. Dans l’impasse politique et économique qui grippe notre pays. Dans l’angoisse des familles. Le désespoir des jeunes. La montée de l’ethnicisme. Les menaces terroristes. La faillite du Plan Sénégal Embourbé (PSE). Les magouilles du TER, des autoroutes, de Petrotim. L’injustice de la Justice. La corruption des magistrats. Le recul du respect des droits de l’homme. La perte de l’image de marque et de la compétitivité internationale du Sénégal. Bref, de ces enjeux lourds que ce nervis de la plume ne sait pas aborder, préférant se contenter de verser dans les larmoiements de bas étage pour essayer de ternir la réputation de quelqu’un qui n’a fait que le devoir que le Coran, sa conscience aussi, lui permettent : le procès d’une justice barbare où Samba Sall a été un pion essentiel.

Alors que du Sénégal jusqu’au cœur du pays de Cervantes, les conversations ne bruissent que du cinglant démenti de Boubacar Sèye, le Président de Horizons Sans Frontières, relatif à l’excuse que le ci-devant Président illégitime du Sénégal, Macky Sall, lui a prêtée sur les fonds de la migration de l’Union Européeenne, qu’il a brandie devant le Premier ministre de l’Espagne, se taire, ruminer, douter, prendre une tarte d’humilité eut été plus sage pour quiconque est, comme le prétend Cheikh Ndiaye, un soutien de ce régime.

Quelle mouche l’a piqué donc cet homme, soutien de la corde au pendu qu’est Macky Sall ? Posons la question à Mimi Touré. Qu’elle nous dise, si elle a encore des nouvelles de son défenseur zélé, du passé, qui lui a tourné le dos le jour de son éviction de son poste au cœur de l’Etat, qu’elle sorte de sa réserve et nous dise : qu’est-ce qui rend si agité cet énergumène ?

Aux Sénégalais qui me lisent, je répète que, de par ce que j’ai vécu, d’où je viens, de ma famille à mes valeurs, je sais pardonner. Oublier, non. Nous devons bâtir une nation fondée d’abord sur l’édiction de vérités fondamentales, fussent-elles blessantes, dussent-elles s’appliquer à un mort, pour non seulement pouvoir le pardonner, mais nous soulager et partir sur le bon pied pendant que ceux qui ont fauté auront obtenu, dans la franchise, l’absolution sans laquelle toute confrontation avec le Seigneur ne peut qu’être aléatoire, infernale…

Le Sénégal ne se fera pas dans l’hypocrisie.

Adama Gaye*, exilé politique a passé 53 jours en détention illégale en prison après une inculpation injuste de Samba Sall agissant au nom de l’Etat crapuleux du Sénégal.

Ps : Pour tout pardon que je consentirai à Samba Sall, c’est un privilège discrétionnaire que je me réserve sous l’autorité de Dieu.