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Chronique : l’État sénégalais, un grand corps riche loin des attentes du citoyen

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epa07404378 (FILE) - Senegal incumbent President Macky Sall waves to a cheering crowd as he arrives for the last campaign rally in Dakar, Senegal 22 February 2019 (reissued 28 February 2019). Senegal's Electoral Commission announced 28 February 2019 that President Macky Sall has won a second term in office with more than 58 percent of the vote. EPA/NIC BOTHMA (MaxPPP TagID: epalivethree912737.jpg) [Photo via MaxPPP]

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De 1960 à nos jours, les citoyens ont servi de canon à chair durant les joutes électorales, ils ont enrichi à travers des impôts le standing de l’État, ont même eu à voter pour leurs tortionnaires. Pourtant, pour nos sociétés modernes et démocratiques l’un des objectifs prioritaires devrait être le bien-être et le confort des citoyens afin qu’ils puissent vérifier et utiliser quotidiennement les progrès sanitaire, scolaire, social, technique que nos gouvernements mettent en œuvre.

Mais en voyageant régulièrement à travers le monde et même sous certaines de nos démocraties tropicalisées, on se rend compte que pour le Sénégal et le sénégalais le compte n’y est pas. Pour cause, la structuration de cet état qui est plus proche d’une monarchie européenne du siècle dernier, a été conçue sur le modèle de la gestion coloniale avec la ligne invisible entre l’État, les citoyens et les sujets. En somme, notre État est très éloigné du citoyen et ce, à tous les niveaux. Sauf bien sur, quand il s’agit de répression policière où toute la puissance négative soit dit en passant,  est visible.

Pour preuve, il suffit juste de voir la politique d’infrastructures de l’État pour en constater les effets discriminatoires d’une région à l’autre. Ainsi les routes. En dehors du réseau autoroutier qui relie Dakar à Touba, un tiers des autres routes sont en mauvais état. Entre deux élections ou plutôt deux pouvoirs, ces routes sont notoirement plus proches des pistes de production car. étant conçues pour durer le temps d’un magistère. Sur ces mêmes routes, à défaut de signalisation efficace, le seul service qui fonctionne remarquablement c’est le contrôle des agents de sécurité. Une vraie mafia régulièrement dénoncée par les syndicats de transport et les usagers qui font fi d’être poursuivi pour outrage à agent ou d’autres trucs pour décourager les récalcitrants.

Sur nos maigres routes, les aires dédiées aux camions sont minuscules, les entrées en station deviennent donc de vrais parcours de combattant afin d’éviter que les poids-lourds n’encombrent le passage. Aménager de grands « Lorry-center » à l’allemande n’est pas prévu. Et en lieu de tunnel, ponts et voies de contournement, l’État n’a trouvé comme solution économique que la construction de ronds-points. L’automobiliste, lui, se démène dans des bouchons interminables et polluants.

Nos villes deviennent tabou pour les automobilistes mais on ne construit pas pour autant les parkings de dégagement.

Les voies navigables ou aériennes, faut juste en parler pour rire car, moins de 500 milles des 16 millions de sénégalais, n’en voient qu’à la télévision même si la presque totalité du territoire aurait pu bénéficié d’un excellent réseau navigable. Le gouvernement Macky Sall a définitivement enterré le projet des fameux bateaux-mouches devant relier Dakar à certains endroits comme la Petite Côte, les Iles du Saloum, Ziguinchor, etc… Un projet qui aurait pu devenir l’axe majeur de circulation des personnes et des marchandises. Tant pis pour la pollution économisée et les routes dégagées et bravo aux surfacturations pour des éléphants blancs comme le TER, le BRT, etc…