Virtuose de la kora, Jaliba Kouyateh a animé le concert d’ouverture de la 25e édition du Festival de jazz de Saint-Louis. Une parfaite symbiose entre l’artiste et une grande partie de son public a été notée.

Les férus de jazz qui s’attendaient à des rythmes de ce registre ont sûrement été déçus lundi soir. Mais les mélomanes qui aiment bien les musiques traditionnelles à fortes doses mbalax se sont bien régalés à la Place Faidherbe. Car le chanteur gambien Jaliba Kouyateh, invité à l’ouverture de la 25e édition du Festival international de jazz de Saint-Louis, leur a présenté des morceaux faits dans ce genre. Les rythmes du ‘’sabar’’ étaient très ponctués. Ils étaient savamment mélangés à ceux de la Kora de l’artiste. Un vrai délice. Le public a d’ailleurs montré à l’artiste qu’il aimait bien ce qu’il lui donnait puisqu’il n’a cessé de danser et d’en réclamer plus après chaque titre. Il faisait froid et bien des festivaliers grelottaient le long de la cérémonie officielle d’ouverture. Mais on a senti une certaine ferveur dès les premières notes de ‘’sabar’’, accompagnés par la douce voix du chanteur gambien.

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Les choses sont allées crescendo quand il a entonné la chanson dédié à ceux qui portent le nom Ndiaye. ‘’Dans cette chanson, je dis que si je dois renaître je porterai comme nom de famille Ndiaye. Car tout ce qu’il y a de bien ici, on le nomme Ndiaye’’, déclare-t-il.

Mais le public n’est pas le seul à avoir passé de bons moments. Le chanteur, naturellement, s’est laissé emporter. Il donnait l’impression de ne vouloir descendre de la scène. ‘’En venant ici, je pensais que les gens ne connaissaient pas bien mes chansons. Je me suis rendu compte du contraire. Ils ont chanté avec moi. Ce fut un réel plaisir’’, a dit à la fin du spectacle la star gambienne. ‘’Les organisateurs de ce festival voulaient que je vienne jouer ici depuis longtemps. Mais il y avait quelques problèmes entre le Sénégal et la Gambie. Quand on a changé de régime, les choses ont évolué. Maintenant qu’on a laissé tout cela derrière nous, cela a pu se faire. C’est une très belle expérience pour moi’’, fait-il savoir. A son avis, sa participation au Saint-Louis jazz va fortifier les relations entre le Sénégal et la Gambie. ‘’La Sénégambie n’est pas nouvelle. Il y a juste eu quelques moments sombres mais on a su surmonter les barrières. C’est aux artistes de fortifier les liens entre les deux pays.’’

Etait également attendu à cette ouverture l’artiste Assane Thiam. Il devait jouer avec une cinquantaine de percussionnistes. Mais il n’est pas venu. Il n’a pas trop manqué au public qui s’est consolé avec l’ensemble philharmonique de l’armée sénégalaise. Les militaires ont tellement bien joué que nul ne voulait qu’ils descendent de la scène. Ils n’ont rien à envier au Super Diamono ou Super Etoile, s’ils ne sont meilleurs qu’eux d’ailleurs.

BIGUE BOB (envoyée spéciale à Saint-Louis)