Au lendemain de la visite du Président des Etats-Unis dans un Texas sinistré par les inondations, une partie de la presse américaine regrette son manque de compassion. « Encore une fois, Trump a fait en sorte d’attirer l’attention sur lui, regrette le Washington Post. Ses réponses aux dégâts causés par l’ouragan Harvey se sont davantage concentrées sur la puissance de la tempête et la réaction de son administration, que sur les millions de Texans dont la vie a été bouleversée par les inondations. »

Selon les informations relayées par « Le Monde », le Président américain a fait en sorte d’attirer l’attention sur lui. « Quelle foule ! Quelle affluence ! », a-t-il lancé devant des milliers de partisans, donnant l’impression de rejouer l’un de ses nombreux meetings politiques. « Nous vous aimons, nous sommes ici pour nous occuper de vous ! », a-t-il tout de même dit aux Texans présents.

« Il s’agit d’un voyage présidentiel dans un Etat inondé au cours duquel le Président n’a pas rencontré la moindre victime de la tempête ni vu le moindre centimètre de pluie ou de rue inondée », critique Politico. Donald Trump avait annoncé avant sa visite qu’il éviterait les zones les plus exposées pour ne pas perturber les opérations de secours. Mais, pour le site d’information politique, en organisant ce déplacement aussitôt après le début de la tempête, ses conseillers ont surtout voulu faire de cette crise « un moyen pour Trump de montrer de façon décisive ses qualités de dirigeant ».

« Ce que Trump a vu dans la tempête Harvey était un miroir de sa propre majesté. Une tempête digne d’un homme viril comme lui », renchérit Frank Bruni dans le New York Times. L’éditorialiste déplore une communication « puérile », faite de « superlatifs infantiles » et « obsédée par la taille ».
« Une règle informelle, mais essentielle, veut que le Président joue un rôle de consolateur dans des moments de crises et de pertes, offrant le soutien et les encouragements de la Nation à ses concitoyens », commente David Axelrod, ancien conseiller de Barack Obama et aujourd’hui chroniqueur pour CNN. « Mais Donald Trump n’y arrive pas, il ne parvient pas à s’oublier,Etat afin d’être ce dirigeant empathique dont nous avons besoin. »