LIMAMETTI.COM – L’adhésion du Sénégal à la Plateforme internationale sur la finance durable se justifie par sa conviction que cette instance internationale permettra au pays “d’approfondir la réflexion sur les questions liées à la finance durable”, lesquelles “ne sont pas suffisamment évoquées en ce moment au niveau national et régional”, a déclaré le ministre des Finances et du Budget, Abdoulaye Daouda Diallo.

“Nous restons convaincus que cette plateforme d’échange nous permettra d’approfondir la réflexion sur les questions liées à la finance durable qui ne sont pas suffisamment évoquées en ce moment au niveau national et régional”, a-t-il dit.

“Ce sujet intéresse les Autorités nationales et le secteur privé dans lequel, sur la base du volontariat, un réseau RSE a commencé à se former et d’autres entreprises communiquent sur leurs projets relatifs à l’efficacité énergétique et l’énergie renouvelable”, a souligné Abdoulaye Daouda Diallo.

Il participait vendredi à une cérémonie virtuelle marquant le premier anniversaire de la Plateforme internationale sur la Finance durable, destinée à stimuler les investissements et réorienter les flux de capitaux vers les objectifs climatiques à l’échelle requise pour la “transition économique la plus importante de cette époque”.

L’adhésion du Sénégal à cette instance intervient “dans un contexte particulier d’une crise sanitaire doublée d’une crise économique”, a fait remarquer Abdoulaye Daouda Diallo dont copie du discours a été transmise à l’APS.

“D’abord, le Sénégal a pris plusieurs engagements sur l’environnement au nombre desquels l’Accord de Paris sur le climat”, accord constituant “un socle de la gouvernance mondiale visant à assurer la cohérence entre les engagements internationaux et les politiques publiques mises en œuvre au niveau national”, a avancé le ministre des Finances et du Budget.

“Ensuite, le Sénégal est un pays en voie de développement et parmi les secteurs prioritaires que l’Etat a identifiés pour réaliser une croissance inclusive figurent à la fois l’industrialisation et les hydrocarbures (gaz et pétrole) qui occasionneront de plus grandes émissions de gaz à effet de serre (…)’’, a-t-il ajouté au sujet des raisons ayant conduit le pays à adhérer à la Plateforme internationale sur la finance durable.

Abdoulaye Diallo a par ailleurs évoqué d’éventuels dégâts environnementraux liés aux conséquences des émissions de gaz à effet de serre et les risques induits sur l’agriculture, l’élevage et la pêche.

Selon lui, pour le financement de la stratégie de développement du Sénégal dont l’ambition est d’atteindre 97% des cibles des Objectifs de développement durable (ODD), “il y a lieu de créer les conditions favorables à l’investissement privé durable qui viendra s’ajouter aux dépenses publiques et à l’appui des partenaires financiers internationaux”.

Il y a aussi que le Sénégal fait partie “d’une Union monétaire où la réglementation est communautaire mais l’Etat sénégalais est allé au-devant de plusieurs initiatives et réformes importantes concernant le secteur financier (l’inclusion financière, la finance islamique, la création d’un observatoire de la qualité des services financiers, la promotion du crédit-bail et de l’affacturage)”, note Abdoulaye Daouda Diallo.

Il a signalé que l’Autorité régionale de régulation du marché financier a publié un guide pour l’émission d’obligations vertes, sociales et durables au cours de cette année 2020, un acte qui a le soutien du Sénégal qui “a jugé opportun d’adhérer à la Plateforme internationale sur la Finance durable”, compte tenu de toutes ces considérations.

La Plateforme internationale sur la finance durable (PIFD ou IPSF en anglais) a été créée en octobre 2019 dans le cadre des efforts internationaux visant à respecter les engagements de l’accord de Paris sur le climat, peut-on y lire.

Le Sénégal y a rejoint ainsi l’Union européenne, les autorités compétentes d’Argentine, du Canada, du Chili, de Chine, d’Inde, d’Indonésie, du Kenya, du Maroc, de la Nouvelle-Zélande, de la Norvège, de Singapour et de la Suisse, rapporte un communiqué du ministère sénégalais des Finances et du Budget.

La PIFD agit comme un forum pour faciliter les échanges et, le cas échéant, coordonner les efforts sur les initiatives et les approches de la finance écologiquement durable.

Elle est soutenue par la Banque européenne pour la Reconstruction et le Développement, la Banque européenne d’Investissement, la Coalition des Ministres des Finances pour l’Action climatique.

L’Organisation internationale des commissions de valeurs, le Réseau pour l’écologisation du système financier, l’Organisation pour la coopération économique et le développement ainsi que le Programme des Nations unies pour l’environnement – Initiative financière dans leur rôle d’observateur figurent également parmi ses soutiens.