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Guinée Bissau : Le Premier Ministre et le Président se «battent» pour une histoire d'avion suspect

Guinée Bissau : Le Premier Ministre et le Président se «battent» pour une histoire d’avion suspect

pour Aminata Diallo

Plus rien semble aller entre le Premier ministre Nuno Nabiam Gomes et Umaru Embalò. Entre la volonté de dissolution de l’assemblée nationale par le « général » qui n’en a pas les prérogatives et le scandale de l’Airbus A-340 stationné et sous étroite surveillance sur le tarmac de l’aéroport Oswaldo Vieira, Nuno Nabiam a décidé de taper sur la table pour que la lumière soit faite les tenants et aboutissants de cet aéronef dont les membres d’équipage ont été discrètement exfiltrés avec l’autorisation de Umaru Embalò. Si le Premier ministre est monté au créneau, c’est parce que le responsable de l’aviation civile subit d’énormes pressions et des menaces de morts.

Plus d’une semaine après qu’un avion en provenance de Banjul ait été autorisé à atterrir à Bissau avant que son équipage d’origine turque ait quitté le pays avec la bénédiction de la présidence, le PM Nuno Nabian est sorti du silence et a décidé de faire face à Umaro Sissoco qui, semble être le seul à savoir la mystérieuse cargaison de cet aéronef dont l’immatriculation semble avoir été effacée.

Le Premier ministre de la Guinée-Bissau, Nuno Gomes Nabian semble ne plus pouvoir supporter les ordres et les démandes du « général » Umaro Sissoco Embaló qu’il avait aidé en 2020 de manière cavalière à s’accaparer du pouvoir. Le chef du gouvernement a décidé après enquête de faire décoller l’avion qui est mystérieusement arrivé à Bissau sous les ordres de la présidence et dont le gouvernement dit ne pas connaître l’objectif de sa venue au pays ni ce qu’il a transporté. Plus grave, les pilotes de cet avion ont décidé de fuir le pays avec la complicité de Umaru Embalò.

La commission spécialisée du Parlement guinéen informe que l’Airbus-340 retenu sur le tarmac à Bissau a atterri sous les ordres du « général » de la Guinée-Bissau qui est apparemment le seul à connaître les dessous de cet avion inconnu des ordinateurs de l’aviation civile. Appartiendrait-il à une organisation criminelle ? Que transportait-il et pourquoi autant de mystères ?

L’avion est arrivé à Bissau le 29 octobre au moment où il est noté une recrudescence de saisie d’importantes quantités de cocaïne et depuis, il est resté sur la zone militaire de la piste de l’aéroport international Osvaldo Vieira de Bissau sous étroite surveillance. Mais pour des raisons ignorées de l’Autorité de l’aviation civile, suivant les ordres du gouvernement, le redécollage de l’avion est interdit, sans en indiquer les motifs, depuis le 4 novembre.

Le député et président de la commission spécialisée du parlement pour la sécurité, José Carlos Monteiro déclare être la cible de représailles par des « hauts responsables » de Guinée-Bissau, depuis qu’il a dénoncé l’avion qui a été immobilisé par le gouvernement le 29 Octobre dernier.

En tant que président de la commission spécialisée du parlement pour les questions de défense et de sécurité, José Carlos Monteiro, du parti Madem-G15, a dénoncé mardi (09.11), l’ordre d’atterrissage d’un Airbus A340 à l’aéroport de Bissau « Parti de la présidence de la République », citant le président de l’Autorité de l’aviation civile.

Le chef du gouvernement de Guinée-Bissau s’oppose la sortie de l’appareil du pays et a créé une commission d’enquête pour déterminer les circonstances dans lesquelles il a atterri à Bissau en provenance de Gambie et surtout ce qu’il transportait à bord. Une décision qui a mis en furie le « général » qui a renforcé la sécurité autour de l’avion

Visiblement en train de pleurer, au point d’être soutenu par des collègues députés, José Carlos Monteiro n’a pas dit qui le menacerait de mort, mais il a affirmé qu’il n’y avait pas de doute qu’à tout moment, il pouvait subir des représailles à la suite de sa plainte pour l’accident.

Selon le député Carlos Monteiro interrogé par Atlanticactu, « J’ai signalé ici la présence de cet avion, mais depuis ce jour, je suis menacé par des appels téléphoniques par des hauts responsables de ce pays. C’est devenu compliqué pour moi et ma famille que j’ai envoyé à Ziguinchor. Si on me disait que je survivrais hier soir, je pourrais dire que c’était un mensonge. J’ai cru que j’allais être tué », a déclaré le député qui s’est réfugié quelque part à Bissau.

José Carlos Monteiro, âgé de 54 ans, a encore dit avoir informé le leader du groupe de son parti qu’il est prêt à mettre à disposition son siège de président de la commission spécialisée de défense et de sécurité si son travail « dérange quelqu’un ». Le député n’a mentionné aucun nom en particulier.

Aux dernières nouvelles, une source proche de Umaru Embalò nous a appris que Califa Soares Cassama risque d’être viré et détenu pour avoir donné suite à l’ordre illégal de la présidence en laissant atterrir un avion. Aristides Ocante serait pressenti pour être le nouveau patron du bureau de l’aviation civile.

Rappelons que José Carlos Monteiro avait déjà dénoncé publiquement lors de la réunion de son parti, le MADEM-G15, et qu’il avait été menacé par le « général » de Guinée-Bissau, Umaro Sissoco Embaló qui n’a pas démenti l’accusation du député.

Contacté par nos soins, une source à la présidence nous a garanti que le « général » allait réagir même s’il est très affecté par la tournure des événements. Surtout que son nom soit lié au trafic de drogue à cause de la présence de l’Airbus A-340.

Cheikh Saadbou DIARRA

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