Inscription et Promotion dans le corps des agents : La maison « Poulaga » secouée par un favoritisme
Inscription et Promotion dans le corps des agents : La maison « Poulaga » secouée par un favoritisme

LIMAMETTI.COM – Depuis la publication de l’Arrêté du ministre de l’intérieur du 18 août portant inscription et promotion des membres de la police nationale dans le corps des Agents de police au titre de l’année 2020, plus rien ne semble aller du côté de la mythique Place Washington.

Pour cause, certains fonctionnaires de la police trouvent aberrant et injurieux certaines promotions notées dans ledit Arrêté ministériel. Ce qui, selon les « contestataires », ils n’écartent de saisir la Chambre Administrative de la Cour Suprême pour dénoncer l’acte en question.

De quoi s’agit-il ?

Comme dans les corps de la fonction publique, les policiers attendent patiemment chaque année le tableau des promotions. Pour cette année, la majorité des probables récipiendaires ont eu la surprise de se voir recaler au bénéfice d’agents plus jeunes. Une situation qui sème déjà le désordre, selon nos sources.

Lire aussi l’article : Mbissane Attaque Les Locaux De SeneNews : « Yéna Tass Sama Seuy »

Concernant l’Arrêté en question, nos sources évoquent une véritable gifle qui leur a été administrée par leur hiérarchie. « Comment on peut promouvoir au grade de brigadier des Agents de police ceux-là même que nous avons eu à former à leur sortie de l’école », s’est interrogé l’un de nos interlocuteurs.

« Comme avec les missions onusiennes, on a décidé de faire la part à des protégés plutôt que de respecter l’orthodoxie administrative. C’est la première fois que cela se passe que des policiers issus des dernières promotions étrennent le grade de brigadier avant leur supérieur », nous confie cet agent dépité qui n’écarte pas d’aller voir ailleurs.

« Notre hiérarchie et même le ministre Aly Ngouille Ndiaye n’ont aucun respect pour nous car, comment peut-on nommer brigadier des agents de la 37ème Promotion et oublier ceux des 36, 35 et 34ème promotions », s’offusque un autre prétendant au grade. Selon lui, alors que les policiers avalent difficilement le traitement lors de l’état d’urgence, voilà qu’on prive de leurs droits

Pour ce formateur en service à l’école Nationale de Police, « Je n’ai pas compris le sens de cet Arrêté car, des agents que j’ai formé au niveau de l’école, étrennent et vont me commander dans le même corps où je suis plus ancien qu’eux de plus de six (6) ans ». Et plus grave, précise notre interlocuteur, « Depuis m’a titularisation je n’ai jamais eu une demande d’explication encore moins une punition , pour dire que personne n’était plus méritant que moi ».

C’est le même son de cloche pour cet élément du Groupement Mobile d’Intervention (GMI), « Ce n’est pas une surprise pour moi car on a la nette impression dans ce corps si vous n’avez pas des appuis, vous ne ne bénéficierez ni de missions encore moins d’une affectation dans des services avantageux ». Très amer, « Aujourd’hui, des jeunes que j’ai formé à leur sortie d’école et qui se trouvent sous ma hiérarchie vont me commander dorénavant, c’est inadmissible et incompréhensible pour moi qui ai fait toute ma carrière au GMI sans possibilité d’être affecté ailleurs malgré mes demandes ».

Autant pour les missions onusiennes, autant pour les affectations à certains postes « juteux », il faut maintenant des appuis pour avoir une promotion, selon des policiers joints au téléphone. À tous ces griefs, Atlanticactu n’a pas obtenu de réponse du Commissaire Mouhaned Guèye le chef du Bureau uses Relations Publiques de la police.

« Nous allons nous organiser et commettre des avocats pour saisir la Chambre Administrative de la Cour Suprême pour annuler cet Arrêté. Nous n’excluons pas d’adresser une correspondance au Président de la République pour dénoncer cette gestion opaque des effectifs », nous apprend un autre « oublié ».

Pour notre interlocuteur en service au GMI, « Nous pouvons accepter de ne pas être affecté dans des services comme la direction des passeports, à la DAF, à l’aéroport et dans certains postes ou envoyé en mission parce que nous n’avons pas les appuis nécessaires mais, par contre, il est impensable qu’on nous prive de ce qui nous revient de droit car prévu par les statuts de la Loi 2009-18 du 9 mars 2009 ».

Pour avoir l’avis de la police,  notre confrère d’Atlanticactu ont  tenté de joindre le Commissaire Mouhamad Gueye, chef du bureau des relations publiques de la police avant de lui envoyer trois questions qui sont restées sans réponse jusqu’au moment où l’article est mis en ligne.

En attendant, votre site vous promet de revenir avec une enquête sur les conditions de travail des fonctionnaires de police.