La soeur de Boy Djiné force le passage vers le Palais et se fait arrêter

LIMAMETTI.COM – L’Association pour le Soutien et la Réinsertion Sociale des Détenus (ASRED) réagit enfin suite à l’évasion spectaculaire et l’arrestation de Baye Modou Fall, alias Boy Djiné, dues à une longue détention préventive.

In extenso, le communiqué de l’ASRED parvenu à Limametti.com

Tout d’abord, l’ASRED se désole du folklore qui a émaillé l’arrestation de Baye Modou Fall. Il n’y avait aucune nécessité de le brutaliser. Cette mise en scène théâtrale a fini de faire de ce jeune un héros pour une certaine frange de la population.

De plus, nous tenons à signaler que Baye Modou Fall est un détenu comme tous les autres.

Par conséquent, il a des droits et mérite un procès juste et équitable. D’ailleurs, c’est ce qu’il a toujours réclamé.

De ce fait, nous invitons les autorités judiciaires à assumer leur responsabilité en le traduisant en jugement dans un délai raisonnable.

L’ASRED estime que Baye Modou Fall, une énième victime des longues détentions préventives, est injustement gardé en prison et ce depuis 2010 alors qu’il était mineur d’autant plus qu’il n’a jamais tué personne. 

Pour rappel, Baye Modou Fall avait 6 dossiers pendants devant la justice dont il a gagné les 5. Ainsi, il ne lui restait donc qu’un seul dossier car le procureur avait interjeté appel. Actuellement, il lui reste un seul dossier en attente de jugement pour cause de vice de forme. Ce qui est totalement injuste. D’ailleurs, pour réparer cette injustice flagrante Maître Doudou Ndoye s’est constitué à titre bénévole rejoignant du coup son avocat Maître Abdoulaye Tall.

Dans la même lancée, certains détenus qui sont à la mac de Thiès et Mbour sont, d’après nos informations, dans la même enseigne étant donné que leurs dossiers se sont perdus.

Nous interpellons directement le ministre de la justice afin qu’il prenne toutes ses responsabilités face à cette situation d’une extrême gravité qui remet en cause la sécurité de nos établissements pénitentiaires du fait du surpeuplement carcéral et des longues détentions préventives qui sont les deux principaux motifs qui incitent souvent les détenus à s’évader de prison.

L’Etat est entrain de négliger une bombe à retardement du fait de l’injustice dont sont victimes les détenus en longue détention préventive. Les chiffres annoncés par le ministre dans l’as quotidien n° 4682, à savoir 177 (prisonniers en détention préventive sur les 11 400), sont erronés parce qu’étant en deçà du chiffre réel. Ceci démontre, encore une fois, que les droits humains ne sont pas respectés au Sénégal.

L’ASRED ne comprend toujours pas pourquoi les autorités étatiques cherchent à cacher à l’opinion les chiffres inquiétants des prisonniers qui sont actuellement victimes des longues détentions préventives sans omettre que l’administration pénitentiaire est laissée en rade nonobstant tous les efforts consentis pour alléger la souffrance des détenus. Les agents sont, dans les faits, plus détenus que ceux qu’ils surveillent. Le volet de la réinsertion sociale qui devait servir à lutter contre la récidive n’a jamais été pris en compte mettant du coup les détenus qui sont principalement confrontés à la stigmatisation et au rejet de la société dans une situation vulnérable. Cet état de fait traduit l’échec du gouvernement sur la situation actuelle des prisons.

Le chef de l’État n’a pas la bonne information. Par voie de fait, nous lui suggérons d’effectuer une visite inopinée à la prison de rebeuss et au camp pénal pour constater de visu que des générations sont entrain d’y être sacrifiées.

En outre, l’ASRED donnera une conférence de presse dans les prochains jours avec la famille de Boy Djiné au siège d’Amnesty Sénégal.

Ibrahima SALL

Président ASRED