Dans sa lettre incendiaire adressée au Président de la République, le commissaire Sadio a évoqué le problème du bradage de notre littoral qui fait la Une de l’actualité. Très amer, l’ancien policier à tirer à boulets rouge sur Macky Sall. Morceau choisi
Monsieur le Président de la République, le pays tout entier bruit du scandale relatif à l’occupation sauvage et illégal de notre littoral et plus particulièrement dans la capitale.
Nous assistons à un véritable banditisme foncier favorisé, encouragé et entretenu par certains fonctionnaires de l’État. Par les mesures que venez de prendre, vous semblez vouloir faire comprendre aux Sénégalais que vous n’étiez pas informé et que vous venez tout juste d’apprendre cette situation.
Franchement, “dang nio yepp”, vous prenez vos compatriotes comme des demeurés, des imbéciles écervelés, dépourvus de jugeote et de bon sens dont Blaise Pascal disait qu’elle est la chose la mieux partagée. Votre attitude ne nous surprend guère, c’est votre façon de faire ; malheureusement, elle manque totalement de noblesse et de grandeur. Depuis huit ans vous passez sur la corniche et vous prétendez n’avoir rien vu, on vous le concède, mais où sont les services de l’État censés vous informer de tout.
Vos partisans ne clament-ils pas partout que vous êtes le Sénégalais le plus et le mieux informé, le cas échéant, on vous a caché la situation qui prévaut sur le littoral. Non, nous n’y croyons pas ; vous êtes parfaitement au fait de tout ce qui se passe sur le littoral et vous avez fermé les yeux comme vous avez mis le coude sur tous les dossiers de délinquance financière impliquant vos partisans. N’avez-vous pas tout récemment déclaré que 90% des alertes que vous recevez concernent le foncier, c’est dire que vous étiez au courant de tout ce qui se passait sur le littoral.
Avez-vous réellement octroyé 9ha à un chef religieux qui, comble de scandale, les auraient vendus pour des milliards à des citoyens qui, parait-il, sont en train d’en réclamer la possession et la jouissance ? Le cas échéant cela ne ferait que confirmer l’existence d’une mafia politico-religieuse qui se nourrit du sang du peuple et s’abreuve de sa sueur. Quand on vous cite dans un énorme scandale à même de ternir votre image, de souiller votre honneur et de gravement maculer de vilenie votre dignité, vous ne devez pas vous taire, vous devez laver l’affront ; se taire et s’en remettre au Bon Dieu ne peut être perçu que comme une posture de facilité, teintée de lâcheté, pour ne pas répondre de ses actes.