Quand un journaliste devient politicien, il est de l’autre côté”. C’est du moins l’avis tranché de Matar Sylla, ex-Directeur général de la Rts, et fondateur de Label Tv au Gabon, invité du Jury du dimanche (JDD), sur iRadio et Itv, ce 21 juin.

Ainsi, il souligne, rejetant le “mélange des genres”, que “le journaliste a le droit d’être politicien mais (il) se met en congé du journalisme et fait de la politique.”

’Qu’est-ce qu’informer ?

C’est dans ce sillage qu’interpellé sur la différence entre le journalisme d’hier et celui d’aujourd’hui, il pointe la recherche effrénée du buzz : “De manière générale, on constate maintenant qu’il y a beaucoup de buzz. On est à la recherche du scoop, du buzz, les faits divers, etc. Tout cela est lié au journalisme citoyen avec les réseaux sociaux, qui font que beaucoup de choses sont dénaturées, on fait dire des choses, on fait des montages.”

Une anecdote à la Rts

“Du temps où j’étais à la RTS, il y a eu la fameuse histoire des dix millions de dollars avec l’ancien président de la Fédération, El Hadji Malick SY Souris. Certains peuvent vous raconter, il était venu dans mon bureau pratiquement en pleurs. Un homme de cette dimension, les gens attendaient un fax vers les coups de 22 heures, alors que j’étais à mon bureau, pour pouvoir le diffuser. J’ai dit aux équipes sportives de la rédaction qu’il n’en est pas question, que personne n’en parle. Parce que, j’estimais qu’il ne méritait pas cela, que les faits n’étaient pas établis, et même s’ils l’étaient.

Le lendemain, j’ai appelé Basile Boly, j’ai repris les droits et rembourser les 7 mille dollars, et je me suis entendu avec la fédération. C’est comme cela qu’on a pu couvrir le match entre le Sénégal et le Maroc. Et c’est comme cela qu’en 2002, le Sénégal s’est qualifié pour la Coupe du monde. Si on avait laissé faire autrement. Et là pourquoi ? Parce que, c’était utile pour le pays à la veille d’un match comme ça qu’on ne rentre pas dans ce cercle de dénonciations et de délations”.

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