Le tribunal des flagrants délits de Dakar a évoqué, hier, une affaire d’exploitation illégale des machines à sous. Les prévenus ont finalement été jugés, après plusieurs renvois. La Lonase, qui s’est constituée partie civile, a réclamé 400 millions de francs CFA pour réparation du préjudice causé.

L’activité rapporte beaucoup d’argent, paraît-il, mais l’installation de machine à sous est parfaitement illégale, hors casinos et monopole de la Lonase, société nationale. C’est l’art 12 du cahier de charge qui le stipule. Mais, le chinois Kim Xiwel et ses coprévenus Massamba Gueye Ndiaye, Mouhamadou Diop, Ousmane Koné, Amath Gaye, Ismaila Mbaye semblent ignorer cette réglementation. Pour avoir tenu une maison de jeux de hasards sans autorisation, ils ont tous comparu, hier, à la barre du tribunal des flagrants délits de Dakar. En sus de ce chef, tous les prévenus, à l’exception du Chinois, sont poursuivis pour association de malfaiteurs, offres ou cession de chanvre indien et détention illégale d’armes. Qui est aussi retenue contre Kim Xiwel.

Dans cette affaire, la Lonase, qui dit avoir subi un énorme préjudice à cause de ces machines à sous installées clandestinement, a réclamé le montant de 400 millions de francs CFA.

Il ressort de la procédure que c’est suite à une information faisant état de l’existence d’un réseau d’exploitation de jeux avec des machines à sous sur toute l’étendue du territoire, que les éléments de la Division des investigations criminelles (Dic) ont établi des planques un peu partout dans le pays. Grâce une filature menée à Keur Massar, les enquêteurs ont localisé une maison faisant partie de ce réseau. La fouille s’est révélée fructueuse.

Des machines à sous, des couteaux et du chanvre indien ont été saisis par les agents de la Dic. Interrogés les prévenus ont déclaré, à l’unanimité, avoir été embauchés par le Chinois comme chauffeur. Ils aussi laissé entendre qu’ils ont les machines, après embauche et ignorent le fonctionnement. Au cours de l’enquête, certains parmi eux ont soutenu que les machines ne collectent que des pièces de 100 FCFA qu’ils se chargent de remettre à leur employeur, après chaque journée.

Ils ont ajouté que les sous étaient ensuite convoyés en Chine. Les prévenus étaient logés par le Chinois dans un appartement meublé avec toutes les commodités.

« Le nombre de gagnants était connu à l’avance »

Face aux juges, hier, les comparants ont réitéré leurs propos. Ils ont contesté les faits d’offre ou de cession de chanvre indien et de détention illégale d’armes. Il n’y a qu’Ousmane Koné qui a reconnu la paternité du chanvre indien saisi par les flics. Après avoir disculpé les autres, il a soutenu que la drogue saisie était destinée à sa consommation personnelle.

A propos de l’exploitation des machines à sous, Massamba Gueye Ndiaye a renseigné que la machine était programmée. « Le nombre de gagnants était connu à l’avance », dit-il. Il a ajouté qu’ils avaient déjà été jugés devant le tribunal de Pikine. Ils avaient écopé d’une peine de 2 mois assortis du sursis. Par la suite, il avait entrepris des démarches auprès de la Lonase, pour une autorisation. A l’en croire, la société nationale de Loterie n’a pas donné suite à sa requête.

Le représentant du parquet a écarté, dans son réquisitoire, les délits d’association de malfaiteurs, de blanchiment de capitaux et d’offre ou cession de chanvre indien. Pour les peines, il a requis contre Ousmane Koné qui, en dehors du délit d’exploitation illégale de ces machines, a reconnu le chef de détention et d’usage de chanvre, 6 mois d’emprisonnement ferme plus une amende de 100 mille francs CFA. Quant aux autres, il a requis 3 mois d’emprisonnement ferme, avec une amende de 500 mille francs CFA.

Les avocats de la défense ont sollicité le renvoi des prévenus des fins de la poursuite. L’affaire mise en délibéré, la décision sera rendue, le 20 juillet.

MAGUETTE NDAO