Accueil Afrique Mali – Sanctions de la CEDEAO : “Dégâts locaux et collatéraux” (Par El Hadji Ibrahima Thiam)
Mali - Sanctions de la CEDEAO : "Dégâts locaux et collatéraux" (Par El Hadji Ibrahima Thiam)

Mali – Sanctions de la CEDEAO : “Dégâts locaux et collatéraux” (Par El Hadji Ibrahima Thiam)

pour Fatima Diallo
130 vues

Les sanctions infligées par la Cedeao au Mali sont sévères et disproportionnées. L’entêtement des putschistes à se maintenir au pouvoir ne doit pas justifier une telle main lourde. Il doit y avoir d’autres moyens de contraindre la junte à adopter une transition plus courte. On ne règle rien par la force. Ces mesures fortes n’auront comme effets que d’affaiblir davantage le Mali et de braquer les Maliens contre les institutions sous-régionales. Gageons que le dialogue sera vite rétabli et ces sanctions levées.

Cependant, Assimi Goita doit revoir sa copie et ne pas sacrifier le Mali sur l’autel de ses ambitions présidentielles. Cinq ans pour une transition, c’est long à mon avis. S’il pense qu’il est l’Homme qu’il faut pour ce pays, qu’il fasse comme Amadou Toumani Touré. Organiser des élections dans un délai raisonnable auxquelles il pourra peut-être participer ou remettre le pouvoir aux civils et tenter sa chance plus tard.

Ceux qui poussent le Mali à se couper de la Cedeao ignorent-ils que ce pays est enclavé et a besoin des autres pays membres de cette communauté pour sa “survie” ?

A titre illustratif, le transit des marchandises maliennes à partir de Dakar, au cours de l’année 2017, c’était plus de 3,6 millions de tonnes à l’importation et 180 mille tonnes de coton à l’exportation. Ce qui veut dire que 65 % de l’ensemble des marchandises en provenance et à destination du Mali ont transité par le port de Dakar.

Au regard des flux des échanges intra-communautaire et du trafic en transit par le Port autonome de Dakar dans l’espace communautaire, le Sénégal est le premier partenaire du Mali.

Donc, même le Sénégal va pâtir de ces sanctions si elles venaient à être appliquées car il y aura forcément des pertes de recettes pour notre pays.

La meilleure solution à cette crise malienne, c’est le dialogue. Que chacun lâche du lest pour le bien du peuple malien et pour l’image de la Cedeao. La surenchère ne profitera à personne.

Dans ma meme carégorie