LIMAMETTI.COM – La réclusion criminelle à perpétuité, c’est la peine qu’encourt la dame Aïssatou Diallo. Accusée d’avoir infligé des sévices ayant causé la mort de l’enfant de son ex-coépouse, elle a comparu à la barre de la Chambre criminelle de Dakar.

Ndèye Wathie a perdu à jamais son fils unique. Son enfant de 4 ans a perdu la vie de la pire des manières. Il est mort suite à des sévices corporels subis, après avoir passé trois mois seulement chez son père. La femme de ce dernier, en l’occurrence Aïssatou Diallo, est désignée comme l’auteure de cette atrocité. Elle a comparu, hier, à la barre de la Chambre criminelle de Dakar. Elle est poursuivie pour coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sur un mineur de moins de 15 ans, par une personne ayant autorité sur la victime.

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Selon l’économie des faits, devant se rendre au Mali, Ndèye Wathie avait confié l’enfant à sa grand-mère paternelle. Elle ne l’a revu qu’à l’hôpital, trois mois après. Son gamin qui était, selon ses propos, beau et adorable, était méconnaissable. Malheureusement, l’enfant n’a pas survécu. Selon le certificat de genre de mort, le môme est décédé de surinfections. Il avait des traces de contusions, des hématomes, des excoriations aux ongles, des brûlures au dos.

A la barre, la maman de la victime, regard sombre du fait de la tristesse qui submerge son coeur, déclare avec peine : “C’était mon unique enfant. Je l’ai perdu ; et elle a toujours ses deux enfants. Jamais je ne lui pardonnerai…’’.

En sanglots, elle n’a pu terminer ses propos qui résonnaient dans la salle. Il ressort des éléments de l’enquête que son fils a été abandonné à l’hôpital de Thiaroye. Les soignants ont alerté la police.

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L’accusée Aissatou Diallo, seconde épouse du père de la victime, a soutenu que toutes ces blessures résultent d’accidents et non de sévices. Elle prétend que les brûlures sont dues au fait qu’elle a lavé le petit garçon avec de l’eau chaude qu’elle a oublié de diluer avec de l’eau froide. A l’en croire, l’enfant est tombé et s’est retrouvé avec la lèvre fendue, une bosse au front et des blessures sur les parties intimes.

Malgré ses dénégations, le représentant du ministère public a requis la réclusion criminelle à perpétuité à l’encontre d’Aïssatou Diallo. “Il a vécu l’enfer en trois mois. Elle l’a laissé dans la souffrance’’, a regretté le maitre des poursuites.

Auparavant, la partie civile a réclamé la somme de 10 millions de francs Cfa pour dommages et intérêts.

La défense a plaidé la disqualification des faits de coups et blessures ayant entraîné la mort sur un mineur de moins de 15 ans par une personne ayant autorité sur la victime, en homicide involontaire.

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Venu représenter la prévenue, Me Issa Diop a soutenu que le petit est décédé par faute de prise en charge. Quant à son confrère Me Issakha Guèye, il considère que leur cliente n’avait pas d’autorité sur la victime, mais plutôt le père, Ndiogou Thiam, qui avait obtenu un non-lieu après son inculpation pour non-assistance à personne en danger.

Par ailleurs, si le père n’a pas comparu hier, c’est parce qu’il est retourné en prison, suite à son inculpation pour recel dans l’affaire de vol d’ordinateurs portables au préjudice de l’ADIE.

L’affaire mise en délibéré, la chambre rendra sa décision le 24 novembre prochain.

Enquête