La cour de la justice de la CEDEAO ordonne à l’Etat du Sénégal de supprimer sa loi sur le parrainage, qui viole le droit de libre participation aux élections. Une victoire selon Me Abdoulaye Tine, qui avait saisi la juridiction sous-régionale en décembre 2018.  En conséquence, le président de l’Union Socialiste et libérale (USL) appelle à la démission du président Macky Sall et à l’organisation d’élections libres et transparentes. 

Le Sénégal n’aura d’autres possibilités que d’abroger cette loi sur le parrainage, a fait savoir Me Abdoulaye Tine dans une interview sur TV5Monde.  A en croire l’avocat, le Sénégal, comme par le passé,  avait eu à appliquer les décisions de la CEDEAO sans hésiter.

La décision de la Cour de Justice

“Je rappelle que le Sénégal est intervenu il y a quelque temps en Gambie pour faire partir le Président de l’époque Yaya Jammeh sur la base d’un mandat que la CEDEAO avait décerné. Donc, le Sénégal serait très mal venu de réinterpréter à sa guise ou de faire preuve de résistance abusive”, a-t-il déclaré. Avant d’espérer que le Sénégal fera deux choses : “d’abord se mettre en conformité en réduisant en néant cette législation et tout cet arsenal législatif qu’il a crée au niveau du Code électoral pour créer des filtres injustes et injustifiés. Et surtout,  il va rétablir comme le demande l’arrêt, les prétendants c’est-à-dire la vingtaine de candidatures, qui a été évincée, à leur droit.”

La démission du président de la République

Toujours selon Me Tine, l’analyse de cette décision qui enjoint l’Etat à retirer la loi sur le parrainage devrait avoir pour conséquence la démission du Chef de l’Etat. “Le président de la République Macky Sall, en poste aujourd’hui, doit prendre acte de cette demande de la cour, en démissionnant et en organisant des élections. Non seulement, il doit démissionner, mais il doit organiser des élections anticipées où il ne pourra pas être candidat pour la bonne et simple raison que la constitution limite la possibilité à deux (2) mandats. Et un demi mandat, c’est compter comme un mandat, parce qu’on ne doit pas distinguer la loi où la loi ne distingue pas”, a-t-il fini par éclairer.