Invité du JDD, Oumar Seck, expert financier, chef de la Plateforme UE-ACP de Développement du Secteur privé et PDG de Africa Emerging Consulting, a pointé l’échec des politiques d’emploi des différents régimes, l’actuel, incarné par le chef de l’État, Macky Sall, comme les précédents (Diouf et Wade).

“Le problème du Sénégal, c’est qu’il n’est positionné dans aucun secteur porteur d’emplois (artisanat, etc)”, a-t-il déploré. Senghor avait positionné le Sénégal dans le Tourisme mais depuis lors ces stratégies n’ont pas renouvelés.”

“L’entreprenariat et l’industrialisation, les solutions”

Sur sa lancée, il a indiqué que les 65 000 emplois annoncés par le président Macky Sall ne seront pas suffisants. “Les annonces permettent de calmer les gens et donner de l’espoir aux jeunes mais les 65 000 emplois ne suffiront pas du tout. Le fond du problème, c’est la problématique de l’entreprenariat et de la promotion des PME. Les emplois se créent au niveau du secteur industriel et par les entreprises. Les dispositifs de promotion de l’entreprenariat et des PME les plus performantes au monde vous les trouverez en Irlande, à Singapour, à Taïwan, etc. Ils vous diront sur quatre années à venir, nous allons aider à créer mille startups, (par exemple). Tant que ce dispositif n’existe pas, c’est difficile de créer des emplois parce que la promotion des PME est au cœur des agendas de création d’emplois, de développement industriel, de promotion des exportations. C’est là où on a un problème. Il ne s’agit pas de mettre de l’argent mais d’avoir un dispositif orienté – résultats concrets.”

Sur le dispositif en question, le Sénégal serait au deuxième palier de compétences. “Cela veut dire qu’on a un problème d’instruments, d’outils de mise en œuvre”, entre autres manquements. Ce, alors que “le Sénégal peut créer, dans les deux ou trois années, plus d’un million d’emplois.” Il s’agit “de s’organiser, de se positionner et de se fixer des objectifs”, à l’instar d’un pays avant-gardiste tel que l’Île Maurice avec une stratégie de développement basée sur l’industrie et l’exportation.

Seul bémol, le Sénégal “se désindustrialise”, a-t-il fait remarquer. “L’erreur que nous avons commise, c’est les secteurs justement où le Sénégal était positionné, il n’y a pas eu ni de suivi, ni de dynamique (d’adaptation)”, a-t-il diagnostiqué, donnant l’exemple du secteur textile.

Aussi, à l’heure de la ZLECAF, des stratégies restent à être peaufinées notamment dans l’industrialisation du secteur cité plus haut, a-t-il suggéré, insistant sur une formation adaptée.

“Il faut aussi que le Sénégal se positionne, dans l’action, dans le secteur du pétrole et du gaz”, a-t-il clos.

Après les violentes émeutes qui ont éclaté début mars, l’État du Sénégal a annoncé 450 milliards pour répondre à la problématique, dont 80 milliards ont été mobilisés pour 65 000 emplois à créer dans l’immédiat.

Avec -Emedia