Car, si se faire photographier lors d’un meeting d’En Marche !, poser devant des affiches de l’invité surprise ou obtenir de lui un selfie était devenu ces derniers temps un must d’opposants africains à Paris – postés sur les réseaux sociaux, ces clichés font leur petit effet au pays –, nos Excellences, elles, ont vécu l’irruption de cet ovni comme une perte complète de repères.

Imaginez un peu : Macron avait un an et demi quand Obiang Nguema s’est emparé du pouvoir, un an et neuf mois lorsque Dos Santos a succédé à Neto, deux ans et demi quand Robert Mugabe a remporté sa première élection, moins de cinq ans le jour où Paul Biya s’est installé au Palais d’Etoudi…

Sur un continent où les aînés ne lâchent ni leur pouvoir ni leur tutelle sur les cadets, qu’ont-ils en commun et qu’auront-ils à se dire ? Certes, ils ont connu Obama, à qui l’Emmanuel Macron de la campagne présidentielle ressemble assez fidèlement, avec son optimisme californien, ses slogans à la fois missionnaires et managériaux, son équipe organisée comme une start-up, la scénarisation énergisante de ses meetings comme de sa vie privée – et ils s’y sont fait.

Mais c’est de la France qu’il s’agit et le logiciel de chefs d’État greffé sur « le monde ancien » (phrase culte du macronisme) de la politique hexagonale, dont ils étaient de redoutables experts, est désormais obsolète.
Extrait Jeuneafrique

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