Cheikh Mouhamed DIOP

« Bok ci thiow li, xam li xew mo ko gueun ». « En toute chose, ni rire, ni pleurer, ni haïr, mais comprendre. » Spinoza

Sénégalais,

L’ascenseur émotionnel que nous avons connu est la résultante de nos divers faits et gestes qui ont amenés le pays au bord du précipice. Je me recueille humblement devant la mémoire de ces jeunes, chacun mort pour une cause hétéroclite. Cependant, leur départ prématuré doit nous interpeler, nous, survivants d’un moment, suivants si nous n’y prenons pas garde.

La sauvegarde d’un Etat de droit est de la responsabilité de tous. En effet, les différents lois, codes, us et coutumes ont cimenté la nation sous forme de sciences juridiques, mais qu’en est-il de la conscience collective ? notre erreur est d’avoir toujours cru en un homme providentiel, sans donner de notre temps et de notre énergie à consolider l’Etat de droit et développer notre pays. Ne nous y trompons pas, le problème c’est nous, car dans nos quartiers, villes et régions, nous avons oublié de réserver la politique aux « meilleurs d’entre nous ». La voie simpliste d’une révolte spontanée et périodique n’est pas la seule solution. Bien au contraire. L’humoriste disait « un intellectuel assis va moins loin qu’un con qui marche. »

Il urge pour les citoyens de s’engager. Politiquement, économiquement, socialement, partout, engageons-nous ! Notre jeune nation ne peut se permettre le luxe de se développer sans ses meilleurs fils aux commandes. Notre nation ne peut se permettre de vouloir se développer sur des débats stériles, plus sur les personnes que les idées. Cela va déboucher sur une guerre civile. Les mêmes causes reproduisent les mêmes effets. Par conséquents, Sénégalais, étendons nos tâches ponctuelles au don de soi pour le Sénégal. Quoi qu’il nous coute, il y aura toujours des femmes et des hommes pour nous diriger, mais évitons de laisser le Sénégal entre les pires mains. La qualité du débat au sein de nos institutions nous prouve à foison les conséquences d’un désengagement de cette frange du peuple qui aime le Sénégal certes, mais qui se refuse de faire partie du jugement de valeurs adressé au politique. Vol, prédation, corruption, diversion de la masse peuvent laisser place aux débats saints conduisant à des actions planifiées et constructives.

Faisons nos humanités. Engageons-nous !

« Celui qui aime veut changer car il méprise. Que sait de l’amour, celui qui ne peut point changer ce qu’il aime tant ? » Nietzsche

Cheikh Mouhamed DIOP