La troupe théâtrale Le Soleil Levant et le producteur de la série Ramadan “Thiey Adji Sarr” qui a changé de nom pour devenir “Baline Coumba”, n’est pas encore au bout de ses peines. Après la plainte déposée par Me El Hadj Diouf, avocat de la masseuse Adji Sarr, c’est au tour du Collectif contre les vi0lences faites aux femmes et aux enfants #Dafadoy de saisir le directeur du Conseil national de régulation de l’audiovisuel (Cnra) Babacar Diagne. Ceci, pour réclamer la censure de la série.

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Dans la lettre signée par la vice-coordonnatrice Fatou Warkha Sambe dont on détient une copie, il est mentionné : «Ces derniers jours, une bande annonce d’une série titrée «Thiey Adji Sarr» a été diffusée via les médias traditionnels et les médias sociaux. Un tel titre, dans ce contexte particulier, fait automatiquement référence à la jeune fille du nom de Adji Sarr, qui a porté plainte contre Ousmane Sonko, leader du parti Pastef pour vi0ls et menaces de m0rt.»

Pour rappel, font remarquer ces femmes, cette histoire de «vi0l» avait mis le pays dans une situation d’instabilité sans précédent, avec des vi0lences ayant entraîné des pertes en vies humaines, des saccages de biens publics et privés, des emprisonnements, des citoyens insultés, intimidés et menacés de m0rt.

«Concernant la présumée victime, au-delà des traumatismes et de la peur, elle a été jetée à la vindicte populaire et son image a été ternie à travers des insultes, menaces et autres discriminations à son égard. Etant donné que le dossier est pendant devant la justice, la diffusion de cette série ne ferait que renforcer la stigmatisation à l’endroit d’Adji Sarr, mais aussi un sentiment de présomption de culpabilité de la présumée victime», ont-elles insisté.

Selon le collectif, «au vu des réactions sur les réseaux sociaux, les promoteurs de la série ont changé le titre pour l’appeler «Coumba Baline» qui signifierait (faiseur de troubles). Mais ce changement n’altère en rien le contenu de la série».  Car, soutiennent Fatou Warka Samba et Cie, «force est de constater, pour le déplorer, que le contenu reste le même et pourrait même constituer une atteinte grave à l’image et à la vie privée de la plaignante Adji Sarr».

«C’est pour cette raison que le collectif Dafadoy, fidèle à ses principes de lutte contre les vi0lences faites aux femmes et aux enfants, sollicite la censure de cette série pour le respect des droits d’Adji Sarr, le respect de la dignité humaine tout court et la préservation de la paix sociale», ont conclu les femmes de Dafadoy.