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Supplice Chinois : Xi humilie Macky ! (Par Adama Gaye)

Supplice Chinois : Xi humilie Macky ! (Par Adama Gaye)

pour Fatima Diallo
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En lui répondant d’emblée par un froid Monsieur Macky Sall, le Président Chinois, se refusant aux familiarités de ce dernier qui s’était empressé de lui donner du “Cher Ami”, dans son allocution d’ouverture du forum de coopération Afrique-Chine (Chine-Afrique, pour les Chinois), n’a pas fait dans la nuance ; il a renvoyé dans les cordes l’imprudent hôte de la réunion.

L’histoire retendra que, de tous les rendez-vous triennaux structurés par le Forum de coopération unissant les deux parties, celui, débuté hier à Dakar, fut le plus glaçant moment d’humiliation jamais aussi ouvertement infligée à un dirigeant africain par la Chine.

C’est que, pays rigoureux sur le rituel, et surtout soucieux de ne pas perdre la face (ce que les Mandarins appellent le Mianze), elle ne pouvait ne pas se démarquer de l’amateurisme honteux, des couacs à répétition, de la colère qui sourd dans les rangs même des ministres africains venus prendre part à ce qui devait, au départ, être un Sommet de Chefs d’Etat mais a dû être dégradé, déclassé, en un banal évènement ministériel.

Xi Jinping qui se serait plu à parader au milieu d’autorités africaines les plus élevées aurait fait le déplacement de Dakar s’il n’avait pas senti à quel point l’organisation, la qualité, de ce Forum exhalait un désordre qu’il ne pouvait tolérer, quitte à ne pas profiter d’une telle plateforme pour exhiber sa nouvelle légitimité de Président confirmé dans ses fonctions étatiques mais également à la tête du puissant Parti communiste Chinois (PCC) jusqu’en 2035.

Il s’est contenté de tenir, par vidéo, un discours dont la substance se passe de commentaires. De bout en bout, sans aucune concession, ce fut le prétexte pour lui de décliner une stratégie de soft-power, ce pouvoir de séduction pour ne pas contraindre par la force, chère à l’universitaire Joseph Nye, sans jamais perdre de vue la préservation des intérêts de son pays.

Les propositions qu’il a faites, en neuf mesures concrètes, l’attestent. Pandémie du Covid19 oblige, il a commencé son offensive de charme en proposant de financer 60 pour cent des vaccins sur le milliard qu’il en faut tel qu’établi par l’Union africaine (UA) elle-même. Les autres 400 millions de vaccins seront produits par des usines construites par Pékin sur le continent -une partie des seringues pouvant être des dons additionnels, ajoute-t-il, jouant la carte du grand frère.

Ce qui est frappant, c’est que, pour la première fois depuis son arrivée, en 2013, à son poste de Chef Suprême de la Chine et bien que sa pensée soit inscrite dans la Constitution du PCC, comme celle de Mao Tsetoung, père de la Chine nouvelle, et Deng Xiaoping, le promoteur des réformes l’ayant mise sur orbite de décollage, il n’a pas daigné offrir au continent africain le type d’annonces frappant les imaginations qu’il avait l’habitude de faire pour appliquer la diplomatie tributaire connue de son pays depuis la nuit des temps.

Qui oublie qu”en 2015, lors de son premier Focac, devant des dirigeants africains tétanisés par le lâchage de l’Occident, dans le tourbillon d’une paralysante crise financière, Xi avait promis 60 milliards de dollars sur trois ans à ses partenaires africains, les soulageant de la crainte de ne pas avoir les moyens de faire face à la tempête qui s’accumulait dans leurs cieux.
Que cet argent ait été ou non effectivement déboursé, en raison notamment de l’incapacité des pays désorganisés à absorber les financements, ou qu’il ait alimenté une corruption endémique dans la relation avec Pékin, compte peu.

L’essentiel était qu’au moment où elle était dans le besoin, la main de la Chine restait tendue, à sa disposition, prête à la secourir.

Trois ans plus tard, en Chine, le Focac fut aussi l’occasion d’une même mise de fonds de 60 milliards de dollars de la part de Pékin.

Rien de tout cela à Dakar. Agacé sans doute, le dirigeant Chinois s’est contenté d’une liste à la Prévert, qui en dit long sur son refus de verser dans le secourisme vis-à-vis d’un continent dont ses nouvelles orientations stratégiques l’éloignent.
Au plus, la promesse est faite que les produits agricoles africains seront accueillis avec plus de facilités en Chine (ce qui est normal pour un pays où seuls 7 pour cent des terres sont arables pour plus de 21 pour cent de la population mondiale), ce qui veut dire que l’Afrique est partie pour être le “Champ de la Chine”, après avoir été sa mine et son carburant. La réalité est sans appel : elle se voit confinée à un statut de pourvoyeuse de matières premières, agricoles maintenant après l’avoir été pour les mines et l’énergie. Alors que la Chine tente de s’écarter de son addiction aux énergies fossiles pour s’orienter vers le net-zéro carbone en l’an 2060, son prisme pour les renouvelables, notamment le solaire et l’éolienne, en dit long sur les mutations qu’elle est en train d’engager.

Le Président Chinois n’a donc eu plus de raisons fortes pour prendre de gros risques africains puisque l’économie de son pays est désormais tournée vers les services pour résorber des déséquilibres intérieurs, dans le but de conforter la légitimité du Mandat du Ciel de son parti qui en dépend. C’est dire qu’en plus de la réunion de Dakar, c’est l’Afrique, elle-même, qui est déclassée dans la perception chinoise.

Les financements promis par Xi Jinping en donnent une indication encore plus claire ; 10 milliards de dollars seront investis par des firmes privées chinoises; 10 milliards de dollars prêtés aux institutions financières africaines et 10 milliards de dollars des nouvelles allocations de droits de tirages spéciaux du Fonds monétaire international (Fmi) rétrocédés, sous forme de prêts, au continent: rien ici n’est gratuit, l’Etat chinois ne s’engage pas et les remboursements se feront sans états d’âmes.

Faute de quoi, la Chine, comme elle a déjà fait ailleurs, au Sri Lanka, ou elle a exigé de prendre le contrôle d’un grand port maritime sur un bail de 99 ans pour se faire rembourser ses prêts à ce pays, n’hésitera pas à sortir la chicotte face aux mauvais débiteurs africains. Elle a menacé de le faire au Kenya, où elle ne cache pas ses intentions de faire main-basse sur le Port de Mombassa pour se faire rembourser une dette souveraine, et en Ouganda, où elle a dû démentir le projet qui lui était prêté de capturer l’aéroport d’Entebbe, symbolique à maints égards, pour se payer sur la bête. Les pays africains qui pensaient encore que la Chine était l’amie doucereuse, qui ne leur ferait jamais de mal, sont avertis. Le temps des discours doux est fini. C’est, a dit, le Président Chinois, l’aube d’une nouvelle ère, entendez celle du réalisme.

Il a dû rigoler quand Macky Sall, à son habitude, pleurnichard, s’est mis à se lamenter de ce que les pays Occidentaux et leurs banques ont décidé de ne plus financer les énergies fossiles, y compris gazières. Ne réalise-t-il pas, ainsi que l’enseigne le grand ministre du Pétrole d’Arabie Saoudite, Cheikh Zaki Yamani, entré dans la légende, que l’âge de la pierre ne s’est pas terminée parce qu’il n’y avait plus de pierres. Celle des hydrocarbures est en obsolescence Fast-Track, pour reprendre le slogan risible de celui qui s’imagine que la Chine prendrait à contre-courant la place des Occidentaux pour financer les énergies gazières de transition. Ses complaintes, en sa qualité de corrompu qui a bradé les hydrocarbures du Sénégal, sont naturellement tombées dans l’oreille d’un sourd…

Xi l’a pris à contrepied, qui a soutenu l’inverse. Le Président Chinois n’a pas caché que son pays irait vers la décarbonation de ses industries, d’où ses choix pour les énergies non-polluantes.

A l’arrivée, dans le discours d’ouverture qu’il a prononcé, hier, tout a tourné autour de la nécessaire prise en charge de leurs devoirs par les pays africains. Même sur le front de la paix et de la sécurité, ou de la lutte contre le terrorisme, son message a été tranchant : “nous vous aiderons à mener la lutte vous-mêmes”, a-t-il dit.

Sur les projets d’industrialisation de l’Afrique, son inclusion à l’économie virtuelle, digitale, ses défis sanitaires, ses besoins de formations professionnelles, sa participation au commerce, mondial et continental, via la Zone de libre échange continental, ou encore sa soif de devises extérieures, notamment par le biais d’un afflux de touristes ou d’échanges commerciaux pour corriger ses déficits publics, les engagements faits, hier, par le dirigeant Chinois participent de la rhétorique du gagnant-gagnant, plus gagnant-perdant, en réalité, qui signifient quel e disque dur de la coopération entre Pékin et l’Afrique laissera moins de place au doux. Les agronomes et médecins qui seront déployés par Pékin sur le continent ne sont que la continuation d’une pratique ancienne, que l’on retrouve, déjà dès les années 1960, au coeur d’une coopération dont la centralité est d’oeuvrer à son propre dépérissement en apprenant aux partenaires à pêcher le poisson plutôt que de l’attendre d’une main étrangère.

Même les pays africains, refusant d’admettre que la grande initiative Xi Jinpienne d’un Développement Mondial (charabia !) ou celle intitulée une route, une ceinture, destinée à désenclaver, par l’Asie centrale, et les routes maritimes, vers les grands marchés Européens et ceux du Moyen-Orient, ne feront nullement la part belle au continent africain qui ne représente que 3 pour cent du commerce extérieur de la Chine. En s’agglutinant autour de ces projets, des autocraties, telles l’Erythrée ou la Guinée Bissau, et des Etats naïfs, comme le Sénégal, le font à leurs risques et périls.

Cette Chine qui a ostensiblement dégradé, hier, la rencontre de Dakar, retrouve ses airs de nation centrée sur ses intérêts. Elle agit en puissance montante. Pour arriver au sommet, dominer le monde, elle n’a pas le loisir de se coltiner des canards boiteux africains, champions de la main-tendue. La méprise est évidente ; preuve s’il en était que le forum sino-africain ou africain-chinois ne repose plus, côté africain, que sur un malentendu, quand la Chine, elle, trace, déjà, au loin, sa nouvelle route de la soie -en marge de l’Afrique.

La claque de Xi donnée à Macky Sall, son refus de venir jouer aux bons samaritains, n’a pas fini de résonner dans l’écosystème de la Chine-Afrique. Le Chinois a humilié celui qui se dit son “ami”, sans précaution, sous les regards des quelques hôtes de marque, comme le Secrétaire Général de l’Onu, les Présidents d’Egypte, de l’Afrique du Sud, de la RD Congo…

En ne disant pas un mot sur le ban imposé contre les pays africains où sévit le nouveau variant du virus du corona, l’Omicron, le sans-gêne, Xi, a prouve les limites de la fraternité de son pays envers le continent.

En un mot, il a sonné la fin de la récréation. En refusant de prendre un quelconque risque souverain, en privatisant, en des termes stricts, la coopération, avec eux, il a, d’une part, voulu dire aux Etats africains qu’ils seront soumis aux conséquences des actes, notamment les prêts, qu’ils souscrivent, et, de l’autre, il a soumis l’hôte de la réunion de Dakar, qui se fait passer pour son “ami”, qu’il n’est pas, à un supplice chinois dont l’histoire ne manquera pas de relater, demain, les effets psychiques sur lui.

La fête n’a pas eu lieu, elle est finie…

Le Forum de Dakar est un magistral flop.

Adama Gaye*, Exilé politique est auteur de Chine-Afrique : Le dragon et l’autruche (Editions L’Harmattan).

Ps: Macky Sall, quand vas -tu dire à celles et ceux que tu avais induits en erreur en leur faisant croire que tu représentais quoi que ce soit devant moi, ni que même ton maître Abdoulaye Wade, que j’ai aidé, en plus d’aider à sa demande son fils, vous n’êtes rien à mes yeux. Les mensonges sur ma personne ont été déconstruits par les faits, par Dieu et par ce que le soleil, au zénith, explose à la face de ta bande de minables comploteurs. Vous apprendrez qu’on ne prend pas en otage un homme libre et décent. Niaw !

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