Said Tarraf : La famille libano-sénégalaise divisée sur un scandale de plus de 10 milliards de FCFA | Limametti.com

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Said Tarraf : La famille libano-sénégalaise divisée sur un scandale de plus de 10 milliards de FCFA

justice
Publié par Sokhna Fall

On dirait un parricide financier. Le Procureur de la rĂ©publique a rĂ©ceptionnĂ©, la semaine passĂ©e, l’enquĂȘte relative Ă  des dizaines de milliards de francs opposant les hĂ©ritiers de feu Jamil Tarraf-Koujock. Une famille connue pour les marques cĂ©lĂšbres comme Cube Jumbo, Lipton, Signal
Une enquĂȘte ouverte suite Ă  un prĂȘt de 13 milliards de la Sgbs obtenu, selon la famille, sur la base de faux documents par SaĂŻd Tarraf qui a manipulĂ© le compte de son dĂ©funt frĂšre jumeau, Fouad Tarraf.

La Section de recherches boucle l’enquĂȘte ordonnĂ©e par le Parquet

Le Groupe Tarraf de feu Jamil Tarraf-Koujock, l’un des plus grands groupes industriels et immobiliers de la place, est secouĂ© par une enquĂȘte portant sur des dizaines de milliards de francs Cfa, dont un prĂȘt de 13 milliards de la SociĂ©tĂ© gĂ©nĂ©rale de banques du SĂ©nĂ©gal (Sgbs). Depuis deux mois, la Section de recherches de la gendarmerie de Colobane convoque des personnalitĂ©s de la communautĂ© libano-sĂ©nĂ©galaise pour enquĂȘter sur les dĂ©lits de faux et usage de faux, abus de biens sociaux, recel d’abus de biens sociaux, abus de confiance, escroquerie, banqueroute frauduleuse, dĂ©lit d’abus de blanc-seing, tentative d’extorsions de fonds, blanchiment d’argent et escroquerie Ă  jugement reprochĂ© Ă  SaĂŻd Tarraf, gestionnaire du Groupe Tarraf. Un dossier que la gendarmerie a bouclĂ©, avant de le transmettre, la semaine passĂ©e, au Procureur de la rĂ©publique.

Et SaĂŻd Tarraf risque gros, lors de sa prochaine convocation devant le magistrat-instructeur qui hĂ©ritera du dossier. L’on avance, du cĂŽtĂ© du Parquet, que l’enquĂȘte sera confiĂ©e au Doyen des juges d’instruction. Tout est parti d’une plainte dĂ©posĂ©e par Adel Tarraf et les hĂ©ritiers de Fouad Tarraf, par le canal de leur avocat, Me Boucounta Diallo, contre leur frĂšre, SaĂŻd Tarraf, qu’ils avaient placĂ© Ă  la tĂȘte du Groupe Tarraf, aprĂšs le dĂ©cĂšs de leur pĂšre.

Les faux procĂšs-verbaux

Les gendarmes de la Section de recherches enquĂȘtaient sur plusieurs documents financiers liĂ©s Ă  la gestion du groupe. Ce, parce qu’il ressort des constats d’huissier que SaĂŻd Tarraf confectionnait de faux procĂšs-verbaux d’assemblĂ©es gĂ©nĂ©rales aux fins de bouleverser la vie juridique des sociĂ©tĂ©s du groupe, en procĂ©dant Ă  l’établissement de faux actes de cessions d’actions, d’augmentation irrĂ©guliĂšre du capital social, la nomination de sa fille, Allia Tarraf, en qualitĂ© de Directrice gĂ©nĂ©rale de certaines sociĂ©tĂ©s, l’obtention de crĂ©dits auprĂšs de banques de la place, l’affectation hypothĂ©caire du patrimoine du groupe et de celui des frĂšres Adel et Fouad au profit de la SociĂ©tĂ© gĂ©nĂ©rale de banques du SĂ©nĂ©gal (Sgbs), la vente des biens immeubles du groupe Tarraf et la mise en banqueroute frauduleuse de certaines sociĂ©tĂ©s.

Bizarrement, toutes les assemblĂ©es gĂ©nĂ©rales ont eu lieu le mĂȘme jour et Ă  la mĂȘme heure, 9H30, Ă  des endroits diffĂ©rents. Comment SaĂŻd, Allia, Mahdi, MirĂ©, Nabil, Fouad, Adel ont pu tous, assister, en mĂȘme temps, Ă  la mĂȘme heure et Ă  des endroits diffĂ©rents, Ă  toutes ces assemblĂ©es convoquĂ©es par SaĂŻd ? Et les gendarmes enquĂȘteurs n’ont pas manquĂ© d’interpeller SaĂŻd sur cette Ă©quation. Comment Adel peut ĂȘtre en mĂȘme temps, Ă  l’assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale de la sociĂ©tĂ© «Etablissement Jamil Tarraf et Cie», qui s’est tenue au 48 Raffenel, Ă  9H30, Ă  l’assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale de la sociĂ©tĂ© «Cosepral», tenue au Km 2,5 Boulevard de la commune de Dakar, Ă  la mĂȘme heure, Ă  l’assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale de la sociĂ©tĂ© de «Laiterie Dakaroise», tenue au Km 7 Route de Rufisque, Ă  9H30, tout en Ă©tant prĂ©sent au mĂȘme moment, Ă  l’assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale de la sociĂ©tĂ© «Mapal», tenue au Km 3,2 Route du Centenaire de la Commune de Dakar, Ă  9H30 et aussi ĂȘtre Ă  l’assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale de la sociĂ©tĂ© «Sci And Jubbo», tenue au 45 rue Raffenel Ă  9H30 ? Mieux, certains actionnaires Ă©taient en France, au Canada et au Togo, au moment oĂč SaĂŻd tenait ces assemblĂ©es gĂ©nĂ©rales. Des constats qui ont coĂ»tĂ© au Libano-sĂ©nĂ©galais plusieurs navettes entre la Section de recherches et ses bureaux. En convoquant les assemblĂ©es gĂ©nĂ©rales fictives, SaĂŻd avait rĂ©ussi Ă  contracter un prĂȘt de 13 milliards de francs Cfa Ă  la Sgbs, en hypothĂ©quant des biens du groupe.

 

La Sgbs met en mouvement le compte d’un mort

Comment la SociĂ©tĂ© gĂ©nĂ©rale de banques du SĂ©nĂ©gal (Sgbs) peut-elle continuer Ă  faire des mouvements sur le compte de Fouad Tarraf, un de ses clients mort depuis 2012 ? Ce, alors que la banque avait une copie du certificat de dĂ©cĂšs de Fouad depuis plusieurs annĂ©es. Pourquoi donc, la Sgbs n’avait pas informĂ© les hĂ©ritiers de Fouad Tarraf de cette procĂ©dure d’escroquerie Ă  jugement qui a abouti devant le Tribunal de grande Instance, le 19 octobre 2017, Ă  un procĂšs-verbal de rĂ©conciliation. Un document revĂȘtu de la formule exĂ©cutoire que SaĂŻd Tarraf a fait signer pour le compte des plaignants par des avocats, dont nous tairons les noms pour le moment, que les victimes n’ont jamais rencontrĂ©s ni constituĂ©s.

D’ailleurs, les plaignants, informĂ©s des tractations de SaĂŻd avec la Sgbs, l’avait sommĂ©, par exploit d’huissier, le 3 juillet 2017, pour lui faire savoir qu’il n’avait reçu aucun mandat pour les reprĂ©senter dans des nĂ©gociations avec ladite banque.

Les biens du groupe menacés

Le Groupe connu pour ses produits phares, comme Cube Jumbo, les pĂątes alimentaires Mapal, les produits Unilever, tel le ThĂ© Lipton, les marques Axe, Dove, Signal
, dĂ©tient plus de cent mille mĂštres carrĂ©s, entre autres patrimoines immobiliers, Ă  Dakar. Dans la plainte dĂ©posĂ©e au Parquet, il est mentionnĂ© que SaĂŻd, qui s’est d’autoritĂ©, auto-proclamĂ© mandataire exclusif des plaignants auprĂšs des agences immobiliĂšres, notamment l’agence IndĂ©pendance immobiliĂšre, a dĂ©cidĂ© de ne point informer les lĂ©gitimes propriĂ©taires des encaissements reçus et de l’utilisation des montants. Et ce, malgrĂ© les diffĂ©rentes sommations par voie d’huissier.

Toujours dans le mĂȘme document judiciaire, il ressort que, suite Ă  une opĂ©ration d’expropriation intervenue en novembre 2017, sur le Tf 4887/Dk sur le Boulevard de la RĂ©publique, SaĂŻd a reçu le montant de l’indemnisation, sans en informer les hĂ©ritiers de Fouad Tarraf. Et les manƓuvres de SaĂŻd ont connu une tournure judiciaire, quand la Sgbs a voulu saisir les biens du groupe hypothĂ©quĂ©s par SaĂŻd pour des prĂȘts de 13 milliards francs Cfa, sur la base de fausses cautions personnelles et solidaires de ses frĂšres Adel et Fouad (dĂ©cĂ©dĂ©s). En 2015, craignant une action de la Sgbs, lit-on dans la plainte, Mme Allia Tarraf, Directrice gĂ©nĂ©rale de la sociĂ©tĂ© Cosepral et son pĂšre, SaĂŻd Tarraf, vident les comptes de la sociĂ©tĂ© pour les transfĂ©rer au niveau de la banque CrĂ©dit International. Ce qui est constitutif d’une banqueroute frauduleuse.

MAMADOU SECK – OBSERVATEUR

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A propos du rédacteur

Sokhna Fall

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